Dieu, premier missionnaire !

N’a-t-il pas osé sortir de lui-même pour créer l’univers visible et invisible ? Sa mission était et demeure identique pour toute la durée de la création : Aimer l’Homme pour lui faire partager sa divinité !

Si l’on juge selon notre regard, il est évident que nous n’aurions pas fait comme Lui, car son œuvre nous semble quelque peu inachevée ou ratée par endroits !

Il arrive fréquemment que l’on me dise que Dieu aurait dû obliger l’Homme à l’aimer, à le servir, ainsi il n’y aurait pas toutes ces guerres, ces maladies, ces misères dans le monde. Tout serait parfait, comme une mécanique humaine bien entretenue et fabriquée avec les meilleurs matériaux, ajustés par les ouvriers les plus adroits…

S’il n’y avait le mystère de la liberté, notre monde serait une simple horloge que Dieu regarderait… pour y voir le temps défiler et s’ennuyer éternellement…

Dieu est missionnaire car il a voulu la liberté humaine afin de vivre une relation d’amour avec ces créatures, afin de susciter l’enthousiasme humain pour que la joie soit dans les cœurs et sur les lèvres.

Par le Père, Dieu crée le monde en donnant la loi interne à tout être.

Par le Fils, Dieu est venu en ce monde pour faire connaître le mystère de la Trinité d’Amour par le don de sa propre vie.

Par l’Esprit Saint, Dieu fait participer l’homme à sa propre dynamique de vie qui est Amour diffusif.

Par notre présence en ce temps, Dieu nous invite à Le Louer, Le servir et Le faire aimer, par la cohérence entre nos paroles et nos actes.

Devenons missionnaires à la suite de Dieu, des Apôtres et de tous les Saints des temps qui nous ont précédés !

Père Gilles Pelletier, sv

Vous avez dit « pro-création »…

Saint Paul exhorte son jeune ami Timothée à être Missionnaire en toutes circonstances… « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur… ».

Forts de ces paroles, en ce mois extraordinaire voulu par notre bien-aimé pape François, osons nous aussi l’amour du prochain quels que soient les dangers, les peines, les difficultés que cela peut nous coûter !

Il s’agit d’exercer le don de la foi reçue au baptême…

Le Seigneur ne cesse d’appeler « qui enverrai-je ? qui sera mon messager ? »…

En notre temps troublé par mille changements, il ne s’agit pas de nous laisser dominer par la peur du changement, mais de conduire le changement qui s’impose à nous. Les progrès technologiques, les prouesses médicales sont immanquablement des coopérations à l’Intelligence Divine dont l’être humain a reçu une part dans le mystère de sa Création. Cependant, l’usage de cette intelligence reste à la liberté de chacun. Liberté d’être en cohérence avec l’ordre dans lequel Dieu a créé toute chose, tout être vivant, toute personne humaine… Il s’agit à ce niveau d’accueillir les limites inhérentes à la nature de chaque chose, de chaque vie, de chaque personne et d’agir en conformité avec celles-ci.

Dès que l’on touche à l’ordre de la conception humaine, à l’ordre de l’infiniment sacré qu’est la vie humaine, l’on entre dans le sanctuaire divin. Car Dieu dit par le prophète Jérémie : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. » (Jr 1,5)

En notre temps, comme en toutes les périodes de l’histoire de l’humanité, nous avons à dire, simplement mais fermement, combien l’être humain est fragile lorsque l’on oublie qu’il est le fruit de l’amour humain et divin !

Mobilisons-nous de différentes manières, chacun selon son tempérament, mais agissons pour que l’homme de notre temps demeure l’être humain créé dans le mystère de la coopération entre Dieu et le couple homme-femme qu’Il a voulu !

Père Gilles Pelletier, sv