Partage

La parabole de l’évangile de ce dimanche présente un partage d’héritage suite à la demande d’un enfant qui veut quitter sa famille. Le père agit selon le droit ordinaire.

Le plus jeune fils s’en va donc avec son bien propre qu’il consomme totalement ! Ne serait-il pas un digne enfant du 21ème siècle, où consommer est le maître mot de notre société ? Cependant, après avoir tout consommé, il se trouve solitaire, sans amis, sans personne qui l’invite à consommer de nouveau… n’ayant même plus de quoi manger…. Alors il rentre chez son père et ose demander un accueil hors cadre légal ! Ayant perdu son statut de fils, il veut être traité comme un étranger, afin d’avoir au moins le strict minimum pour vivre dignement…

Le fils plus âgé n’a rien dépensé, il a fait ses provisions, laissant son bien entre les mains de son père bon gestionnaire. Sa fortune s’accroît chaque jour par le travail assidu, pensant que tout soit pour lui seul.

Seulement, Jésus introduit dans cette parabole une autre précision évangélique « comme il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu »…. et là, le fils ainé réagit comme nous le faisons tous, en justice légale, égalitaire, humaine ! Le partage doit être juste, équitable, et repecter ceux qui font un vrai travail… « le jeune frère a tout dépensé, qu’il assume ».

Lorsque nous parlons de Partage, Aumône, en ce temps de carême, n’oublions pas que c’est un exercice spirituel qui consiste à se départir volontairement de ses richesses en vue d’être un soutien à ceux et celles qui sont plus pauvres que soi ; même si la justice demande que chacun vive avec ce qui lui revient selon ce qui lui est dû.

Lorsque nous parlons Partage, nous cherchons à ouvrir nos cœurs à la suite de Dieu qui le fait avec nous lorsqu’il nous sauve du péché et de la mort éternelle qui en est la juste conséquence. Le partage qu’il accomplit pour nous se solde par sa vie donnée sur la croix ! Il n’a plus rien, il devient mendiant de l’amour…

Ainsi, l’exercice du partage en ce temps de carême nous incite à devenir davantage chrétien, c’est à dire à nous élever au niveau du Christ, qui voyant la foule humaine, a pitié d’elle, car elle s’égare, elle s’éloigne du Ciel !

La démarche de carême, nous invite à allier, nos prières à nos pénitences pour partager ce qui résulte de l’action de conversion divine en nous. Le pape saint Jean-Paul II écrivait : « Sur ce point, il est très important de cultiver la sensibilité intérieure aux besoins réels de notre prochain pour savoir en quoi nous devons l’aider, comment nous devons agir pour ne pas le blesser, et comment nous devons nous comporter pour que ce que nous  lui donnons, ce que nous apportons à sa vie, soit un don authentique, un don qui ne soit pas grevé du sens négatif donné ordinairement au mot « aumône ». »

Ainsi, avant de présenter davantage les propositions de partage de ce carême, je remercie toutes les personnes qui se dévouent depuis des mois, et plus intensément ces dernières semaines et journées pour la réussite des « JDA » ! Notre Maison de Nazareth vit en ces journées un immense partage local. Tout l’argent récolté sert à l’action pastorale et éducative auprès des plus pauvres au sein des patronages et de la vie paroissiale. Toutes les rencontres de ces journées sont des temps de convivialité qui permettent de partager du temps avec chacun et chacune ! Merci à tous et à toutes de ce Partage local !

Belle nouvelle semaine de carême.

Père Gilles Pelletier, sv

Pénitence.

Notre troisième semaine de carême commence… le chemin se fait peut-être plus rude suite à nos décisions de progrès divers et variés. Cependant, la prière ne peut être efficace sans un moyen corporel, car nous sommes faits de « chair et d’esprit » ! Nous prions par notre corps et aussi notre corps est en prière avec notre esprit.

La Vierge Marie, en apparaissant à la jeune Bernadette Soubirous, lui a demandé de faire pénitence… Seul moyen pour se convertir à Jésus. Jésus lui-même n’avait pas hésité à dire : « si vous ne faites pénitence, vous périrez tous ». (Luc 13,3). Le carême, est un temps où l’Église, notre Mère, nous invite à « faire pénitence ». Non pour accomplir des actes humainements héroïques que l’on pourrait inscrire dans un livre des records… Mais afin que chacun et chacune de nous, expérimente ce qu’est la faim, la soif, le désir, non plus des choses matérielles, mais des réalités spirituelles en maîtrisant davantage ses désirs corporels. La pénitence à laquelle nous sommes appelés durant ces jours de carême, est un moyen pédagogique divin pour nous libérer de l’emprise du diktat de la société de consommation et enclencher en nous un dynamisme de rencontre avec Celui qui comble l’âme de sa présence.

Faire pénitence c’est aussi prendre conscience que Jésus est vraiment Dieu et vraiment Homme, qu’il a vraiment souffert injustement dans son corps, son âme et son esprit à cause du désordre des humains. Par notre jeûne, nous pouvons unir nos actes à de Dieu qui souffre pour les pécheurs que nous sommes. Nous pouvons, par nos propres privations, nos acceptations des contrariétés, entrer dans le mouvement de réparation du mal dû à nos péchés personnels et à ceux des autres, puisque le mal est une conséquence corporelle, physique, psychologique, morale, du désordre amené par le péché. Aujourd’hui nous avons de nombreuses raisons de nous unir davantage à la Passion de Jésus pour mourir au péché et ressusciter à la Sainteté.

Le pape Saint Jean-Paul II, écrivait en citant St Jean Chrysologue : « Le jeûne est le gouvernail de la vie humaine, Il commande tout le navire de notre corps. » « Dans l’ouverture de notre personnalité humaine à Dieu, le jeûne doit aller de pair avec la prière parce que celle-ci nous oriente directement vers Lui. Le jeûne découvre à l’homme, qu’il est davantage maître de lui-même, qu’il est devenu intérieurement libre.  Et il le découvre dans la mesure où la conversion et la rencontre avec Dieu, par la prière, fructifient en lui. » (21 mars 1979).

Que cette nouvelle semaine de carême, soit source de pénitences fructueuses pour nous-mêmes et tous nos frères et sœurs, pour toute l’humanité.

Père Gilles Pelletier, sv