« Zelus domus tua : comedit me »

L’anniversaire du retour à Dieu du fondateur de notre Congrégation Religieuse, ce 30 octobre ; me donne l’occasion de le citer en ce mois du rosaire. En écrivant à un ami, en 1835, alors qu’il était au chevet d’un jeune malade, ami commun à tous deux, il s’écriait : « Lorsque nous sommes seuls tous trois, Edouard, son père et moi, et cela se trouve presque chaque soir, à la tombée du jour, le pauvre ami demande qu’on lui récite une dizaine de chapelet. Alors l’un de nous commence, l’autre répond, le malade suit et le Ciel descend sur nous. C’est à ce moment un calme, une paix dont nul, s’il n’est chrétien comme vous, ne saurait comprendre la douceur et tout cela pourtant au lit d’un mourant, entre père et frère, près de se quitter peut-être pour toujours. Oh, non, d’autres n’ont point un Dieu comme le nôtre et qui traite ainsi ses enfants. » Ne trouvez-vous pas que ces lignes de jeunesse, sont pleines de bon sens chrétien ?

Comment allons-nous vivre la Mission Universelle de l’Eglise si nous ne nous tournons pas vers celle qui fut la première des missionnaires. Par son empressement à visiter sa cousine Elisabeth, elle a porté Dieu à cette famille qui n’attendait plus que la consolation d’Israël. Marie nous ouvre les portes des maisons pour y rendre une petite visite de charité. Laissons-la prendre les initiatives dont nous avons besoin en nos vies si déstructurées, si fractionnées, que l’on n’a « plus le temps » de s’intéresser à l’autre par pure gratuité…

Si on entre dans le mouvement de la Charité Surnaturelle, c’est à dire, si l’on saisit que la plus grande des pauvretés est de ne pas connaître Dieu, alors on comprend qu’il n’y a que la Vierge Marie qui puisse nous introduire dans le zèle apostolique, comme elle le fit avant nous tous. Par notre chapelet quotidien, par nos milliers d’Ave Maria, nous pouvons être sûrs que nous sommes sur le bon chemin ! La charité est la source de l’apostolat d’un religieux de saint Vincent-de-Paul. Si vous souhaitez agir avec nous pour l’annonce de l’Évangile en notre quartier,  engagez vous à prier le chapelet pour devenir d’ardents promoteurs de la Vie de Jésus, source de tout bien, et l’Esprit-Saint nous guidera en toutes choses !

Bon et saint dimanche de la Mission,

Père Gilles Pelletier, sv

Évangéliser ?

Alors que s’ouvre ce dimanche la semaine de Prière pour la Mission Universelle de l’Église, nous pouvons nous poser de nouveau la question : pourquoi évangéliser ?

L’installation d’un nouveau curé de paroisse, apporte un éclairage sur la mission de l’Église, locale et internationale. Par la liturgie nous apprenons que le curé est envoyé par l’évêque pour une triple mission : enseigner, sanctifier, gouverner… qui, quoi, comment ? sont les autres modalités de questionnement de la place d’un curé, de sa fonction, de son autorité en quelque sorte !

Pour répondre à cela, je nous invite à écouter le pape Paul VI qui est canonisé à Rome ce dimanche : « L’aide des fidèles doit s’adresser, en toute priorité, d’abord à l’évangélisation vraie et propre, à ce que l’on appelle la première évangélisation, pour faire en sorte que les signes permanents de la présence salvifique de Jésus-Christ par l’intermédiaire de son Eglise, laquelle est « Sacrement universel de salut » (Ad Gentes, n. 11), soient établis et rendus bien visibles, en chaque communauté humaine.

Le Concile Vatican II nous avertit en effet que « la fin spécifique de l’activité missionnaire est l’évangélisation et la fondation de l’Eglise chez ces peuples et groupes où elle n’existe pas encore » (ibid, n. 6). » Message du pape Paul VI, journée mondiale des missions 1978.

Nous le voyons, l’évangélisation consiste à rendre présent au monde actuel, JÉSUS DE NAZARETH, mort et ressuscité ! Ainsi, le curé de paroisse, reçoit la mission d’agir pour que cela soit possible sur le territoire dont il reçoit la charge.

Comment aider tous et chacun :
pour qu’il soit nourri de la Parole de Dieu,
pour qu’il soit sanctifié par le don de la présence réelle de Jésus,
pour qu’il prenne la suite du Christ et aille au Ciel à la fin de sa vie ?

N’étant pas chef d’entreprise, ni président directeur général d’un groupe industriel se devant de faire des bénéfices par son industrie propre, il me semble que le pasteur de la paroisse doit s’en remettre à celle qui est, non seulement « la première en chemin » mais plus encore celle qui est la première des missionnaires : la Très Sainte Vierge Marie. Car, à peine était-elle au courant du choix de Dieu, qu’elle partit « en hâte » vers sa cousine Élisabeth, portant en elle le Christ Jésus, Emmanuel…. qui sera reconnu par le bon enfant d’Elisabeth et de Zacharie, non encore né !

Marie, porte en elle Dieu, en tous ses déplacements elle apporte Jésus,
qui est la Parole divine venue pour enseigner,
qui par sa mort et sa résurrection sauve et sanctifie,
qui est le « bon pasteur » pour conduire toute personne humaine au Royaume éternel du Père.

Alors, pour agir selon l’être propre que je suis devenu par le don de l’ordination sacerdotale, qui configure à Jésus, seul et unique prêtre, il me faut imiter Marie, lui consacrer toutes mes journées, toutes mes activités, toutes mes pensées… en un mot prendre le chemin que nous propose Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Par la consécration mariale de toute notre vie au jour de nos premiers vœux, par le renouvellement de cette consécration chaque année au moment de la retraite annuelle, Marie est bien ma « mère et ma maîtresse, à laquelle j’ai livré un entier et plein droit de disposer de tout sans exception » selon la formule du Père de Montfort. En ce mois du Rosaire, de toutes les victoires des saints par la prière traditionnelle à Marie, je nous invite à bien prendre le temps de venir prier notre Mère du Ciel pour que notre paroisse soit missionnaire en ce quartier de Paris et agisse aux périphéries de notre communauté chrétienne pour évangéliser le quartier !

Bonne semaine à tous,

Père Gilles Pelletier
Curé