Pénitence.

Notre troisième semaine de carême commence… le chemin se fait peut-être plus rude suite à nos décisions de progrès divers et variés. Cependant, la prière ne peut être efficace sans un moyen corporel, car nous sommes faits de « chair et d’esprit » ! Nous prions par notre corps et aussi notre corps est en prière avec notre esprit.

La Vierge Marie, en apparaissant à la jeune Bernadette Soubirous, lui a demandé de faire pénitence… Seul moyen pour se convertir à Jésus. Jésus lui-même n’avait pas hésité à dire : « si vous ne faites pénitence, vous périrez tous ». (Luc 13,3). Le carême, est un temps où l’Église, notre Mère, nous invite à « faire pénitence ». Non pour accomplir des actes humainements héroïques que l’on pourrait inscrire dans un livre des records… Mais afin que chacun et chacune de nous, expérimente ce qu’est la faim, la soif, le désir, non plus des choses matérielles, mais des réalités spirituelles en maîtrisant davantage ses désirs corporels. La pénitence à laquelle nous sommes appelés durant ces jours de carême, est un moyen pédagogique divin pour nous libérer de l’emprise du diktat de la société de consommation et enclencher en nous un dynamisme de rencontre avec Celui qui comble l’âme de sa présence.

Faire pénitence c’est aussi prendre conscience que Jésus est vraiment Dieu et vraiment Homme, qu’il a vraiment souffert injustement dans son corps, son âme et son esprit à cause du désordre des humains. Par notre jeûne, nous pouvons unir nos actes à de Dieu qui souffre pour les pécheurs que nous sommes. Nous pouvons, par nos propres privations, nos acceptations des contrariétés, entrer dans le mouvement de réparation du mal dû à nos péchés personnels et à ceux des autres, puisque le mal est une conséquence corporelle, physique, psychologique, morale, du désordre amené par le péché. Aujourd’hui nous avons de nombreuses raisons de nous unir davantage à la Passion de Jésus pour mourir au péché et ressusciter à la Sainteté.

Le pape Saint Jean-Paul II, écrivait en citant St Jean Chrysologue : « Le jeûne est le gouvernail de la vie humaine, Il commande tout le navire de notre corps. » « Dans l’ouverture de notre personnalité humaine à Dieu, le jeûne doit aller de pair avec la prière parce que celle-ci nous oriente directement vers Lui. Le jeûne découvre à l’homme, qu’il est davantage maître de lui-même, qu’il est devenu intérieurement libre.  Et il le découvre dans la mesure où la conversion et la rencontre avec Dieu, par la prière, fructifient en lui. » (21 mars 1979).

Que cette nouvelle semaine de carême, soit source de pénitences fructueuses pour nous-mêmes et tous nos frères et sœurs, pour toute l’humanité.

Père Gilles Pelletier, sv

Prière…

Notre chemin de carême, par l’entrée dans un désert nous conduit à être attentif à Celui qui est silencieux : Dieu !

« Dieu est esprit, Dieu parle dans le silence »…

La démarche de se libérer des multiples accessoires inutiles, n’a de sens que si cela nous conduit à découvrir Celui qui est absolument utile, nécessaire, indispensable à toute vie humaine.

Ainsi le premier « P » des démarches du carême nous permet de nous en remettre davantage à la Providence en prenant la décision de monter au Tabor avec Jésus. Ainsi nous ouvrons nos âmes à la présence transformante de l’Esprit Saint.

– Prier est un acte indispensable pour que l’humanité retrouve son identité.

– Prier est un agir quotidien imperceptible comme la respiration, mais l’arrêter conduit à la mort ; mort de l’âme et du sens de la vie humaine.

– Prier est une disposition surnaturelle, qui oriente l’âme vers Dieu, comme le tournesol qui puise dans le soleil l’énergie nécessaire pour être la plante à huile si utile. Ainsi l’âme qui se tourne vers Dieu se charge de la lumière radieuse du Soleil divin et en inonde ensuite toutes les personnes qu’elle rencontre.

L’exercice de la prière durant le carême est une manière d’acquérir un habitus de piété qui fait vivre en présence de Dieu qui peut alors agir en l’homme pour qu’il devienne ce qu’il est : une créature sauvée par Jésus !

Le pape Saint Jean-Paul II disait : « la prière doit embrasser tout ce qui fait partie de notre vie. Elle ne peut pas être quelque chose de supplémentaire ou marginal. Tout doit s’exprimer en elle, y compris tout ce qui nous accable, ce dont nous avons honte, y compris précisément et surtout, ce qui par nature nous sépare de Dieu » (audience générale 14 mars 1979).

Vivons en enfants de lumière, dit un chant bien connu, c’est une exhortation à vivre le carême en s’organisant pour Dieu avant toute autre chose ! « Dieu est, cela suffit petit frère » disait Saint François d’Assise. Expérimentons les bienfaits de la prière personnelle et prolongée… Laissons Dieu agir en nos âmes pour que nous soyons rayonnants de la présence réelle de Jésus, contemplé ou reçu  lors de la célébration de la messe.

Père Gilles Pelletier, sv