Respect pour l’eau sacrée

Ce dimanche de la Samaritaine qui est marqué par le 1er scrutin de Nicolas, notre catéchumène, met en évidence le thème de l’Eau Vive. Nous connaissons bien l’Evangile de ce jour. N’avons-nous pas soif … soif de bonté, de beauté, de vérité … soif d’être aimé ? Ce ne sont pas aux sources empoisonnées, aux puits taris ni aux citernes lézardées que nous pourrons nous abreuver. Seul Dieu peut étancher nos soifs. En Lui seul, nous pouvons puiser inlassablement les flots intarissables de son amour pour chacun d’entre nous. Dans le Cœur du Christ réside la fontaine d’Eau Vive.

Il m’arrive de temps à autres de survoler sur le net l’actualité quotidienne.

J’ai ainsi appris le nom d’une chanteuse de pop égyptienne, Sherine Abdel Wahab.  Elle vient d’être condamnée à six mois de prison. Quel est donc le motif d’une telle mesure ? Il semble qu’elle ait osé dénigrer le Nil en plaisantant sur la qualité de son eau. Visiblement, en Egypte, on ne badine pas avec l’eau du Nil. Ce fleuve a façonné l’histoire du peuple depuis des millénaires. Il est marqué par une histoire sacrée.

Tout comme la plupart d’entre vous, j’espère, j’ai découvert le nom de Sœur Bernadette Moriau, la « 70ème miraculée de Lourdes ». Sa guérison remonte au 11 juillet 2008. Récemment, un humoriste de la radio a tourné en dérision de très mauvais goût non seulement cette guérison inexplicable mais aussi les pèlerins qui se rendent chaque année par million en ce lieu béni. Suite aux réactions nombreuses par le biais d’une pétition, l’animateur de cette radio a fort heureusement présenté ses excuses. On ne se moque pas de ce qui est sacré. Aux yeux de tant de malades et de pauvres, pour tant de pèlerins de toute condition et nations, Lourdes est un lieu de grâces. Il y a une démarche d’espérance, une réponse confiante à l’appel de la Vierge de Massabielle : « Allez boire à la fontaine et vous y laver ». Par-delà l’eau qui coule de la source de la Grotte, la fontaine par excellence, c’est le Cœur du Christ. Il est significatif de constater que, pour la Sœur Moriau comme pour bien d’autres « miraculés » avant elle, la guérison s’est opérée en présence de Jésus-Hostie. « Le 11 juillet 2008, témoigne-t-elle, j’étais devant le Saint Sacrement et j’ai ressenti une détente de mon corps, j’ai ressenti un bien-être et une chaleur qui m’a traversée. Et là, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait ».

Vendredi, à la demande du Pape François, nous soulignerons cette journée comme étant celle des « 24 heures pour le Seigneur ». Jésus-Eucharistie sera exposé et proposé à notre adoration tout au long de la journée et même de la nuit. Nous aurons la possibilité de recevoir le sacrement de la Réconciliation, ou tout simplement, en présence du Saint-Sacrement, de préparer avec ferveur et sérieux notre confession pascale que nous vivrons lors de la Journée du Pardon le 26 mars. Ce vendredi 9 mars, donc, Jésus-Eucharistie nous tendra les bras et nous ouvrira son Cœur. Il nous attendra pour déverser en nous ses fleuves d’eau vive. Serons-nous vraiment assoiffés ? Il nous murmurera : « Viens, approche, adore ; Viens et abreuve-toi ; Si tu savais le don de Dieu ».

Père Gilles Morin, curé

Extrait de l’homélie du Pape François pour les Cendres le 14 février 2018

Le temps du Carême est un temps favorable pour corriger les accords dissonants de notre vie chrétienne et accueillir l’annonce de la Pâque du Seigneur toujours nouvelle, joyeuse et pleine d’espérance…/…

Arrête-toi un peu, laisse cette agitation et cette course insensée qui remplit le cœur de l’amertume de sentir que l’on n’arrive jamais à rien …/…

Arrête-toi un peu devant le regard hautain, le commentaire fugace et méprisant qui naît de l’oubli de la tendresse, de la compassion et du respect dans la rencontre des autres, en particulier de ceux qui sont vulnérables, blessés et même de ceux qui sont empêtrés dans le péché et l’erreur.

Arrête-toi un peu devant l’obsession de vouloir tout contrôler, tout savoir, tout dévaster, qui naît de l’oubli de la gratitude face au don de la vie et à tant de bien reçu.

Arrête-toi un peu devant le bruit assourdissant qui atrophie et étourdit nos oreilles et qui nous fait oublier le pouvoir fécond et créateur du silence.

Arrête-toi un peu devant l’attitude favorisant des sentiments stériles, inféconds qui surgissent de l’enfermement et de l’apitoiement sur soi-même et qui conduisent à oublier d’aller à rencontre des autres pour partager les fardeaux et les souffrances.

Arrête-toi devant la vacuité de ce qui est immédiat, momentané et éphémère, qui nous prive de nos racines, de nos liens, de la valeur des parcours et du fait de nous savoir toujours en chemin.

Arrête-toi pour regarder et contempler !

Regarde les signes qui empêchent d’éteindre la charité, qui maintiennent vive la flamme de la foi et de l’espérance. Visages vivants de la tendresse et de la bonté de Dieu qui agit au milieu de nous.

Regarde le visage de nos familles qui continuent à miser jour après jour, avec beaucoup d’effort, pour aller de l’avant dans la vie et qui, entre les contraintes et les difficultés, ne cessent pas de tout tenter pour faire de leur maison une école de l’amour.

Regarde les visages interpellant de nos enfants et des jeunes porteurs d’avenir et d’espérance, porteurs d’un lendemain et d’un potentiel qui exigent dévouement et protection. Germes vivants de l’amour et de la vie qui se fraient toujours un passage au milieu de nos calculs mesquins et égoïstes.

Regarde les visages de nos anciens, marqués par le passage du temps ; visages porteurs de la mémoire vivante de nos peuples. Visages de la sagesse agissante de Dieu.

Regarde les visages de nos malades et de tous ceux qui s’en occupent ; visages qui, dans leur vulnérabilité et dans leur service, nous rappellent que la valeur de chaque personne ne peut jamais être réduite à une question de calcul ou d’utilité.

Regarde et contemple le visage de l’Amour Crucifié qui, aujourd’hui, sur la croix, continue d’être porteur d’espérance ; main tendue à ceux qui se sentent crucifiés, qui font l’expérience dans leur vie du poids leurs échecs, de leurs désenchantements et de leurs déceptions.

Regarde et contemple le visage concret du Christ crucifié par amour de tous sans exclusion. De tous ? Oui, de tous. Regarder son visage est l’invitation pleine d’espérance de ce temps de Carême pour vaincre les démons de la méfiance, de l’apathie et de la résignation. Visage qui nous incite à nous écrier : le Royaume de Dieu est possible !

Arrête-toi, regarde et reviens.

Reviens à la Maison de ton Père. Reviens, sans peur, vers les bras ouverts et impatients de ton Père riche en miséricorde qui t’attend (cf. Ep. 2,4).

Reviens ! Sans peur, c’est le temps favorable pour revenir à la maison, à la maison « de mon Père et de votre Père » (cf. Jn. 20,17). C’est le temps pour se laisser toucher le cœur… Rester sur le chemin du mal n’est que source d’illusion et de tristesse. La vraie vie est quelque chose de bien différent et notre cœur le sait bien. Dieu ne se lasse pas et ne se lassera pas de tendre la main.

Reviens, sans peur, pour faire l’expérience de la tendresse de Dieu qui guérit et réconcilie.  Laisse le Seigneur guérir les blessures du péché et accomplir la prophétie faite à nos pères : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair » (Ez. 36,26).

Arrête-toi, regarde et reviens !