Bon réflexe

 

Vous connaissez notre patronage des garçons. Il jouxte notre église paroissiale. Vous avez parfois l’occasion de voir grands et petits courir en tous sens sur la cour. Vous devinez que les activités auxquelles ils se livrent ne sont pas sans risques, particulièrement le football. Nos jeunes ne se ménagent guère. Dans un bon esprit, certes, et selon le respect des règles, ils se donnent à fond pour faire circuler le ballon, le prendre à l’adversaire, dribbler et tirer. Les réflexes sont, bien sûr, essentiels. Accélérations, sauts, contacts physiques, frappes acrobatiques du ballon … tout y passe dans une saine passion. On ne s’étonne guère qu’il y ait parfois des accidents. Tel fut le cas il y a deux semaines sur notre cour. Une action parmi tant d’autres, un choc en extension, une mauvaise réception …  un jeune restant au sol et criant de douleur… la sirène des pompiers ; l’évacuation à l’hôpital puis l’opération. On connaît cet enchaînement redoutable. Mais en ce dimanche 17 janvier, il y eut une merveille, un très beau réflexe. Une première fois, entouré de ses camarades qui s’étaient précipités autour de lui, puis une seconde fois alors qu’il était couché dans le véhicule des pompiers, ce grand jeune répéta à tous : « Priez bien pour moi ». Et de me dire en me regardant droit dans les yeux : « Père, priez bien pour moi ».

 

Mardi prochain, 2 février, nous solenniserons la clôture de l’année de la Vie Consacrée en la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Aujourd’hui, en ce dimanche, nous tenons à souligner ce trésor de la Vie Consacrée avec l’ensemble de notre communauté paroissiale. Quel rapport, me direz-vous, avec cet accidenté dont je viens de parler ? Vous le savez sans doute, notre pape François se plaît à présenter l’Eglise comme « un hôpital de campagne ». L’Eglise a en effet mission de prodiguer l’Amour du Christ, de l’annoncer et de le rayonner, de le répandre sur les plaies des blessés de la vie. Or, en ce domaine, la Vie Consacrée tient une place particulière et privilégiée.  Comme l’affirmait déjà nettement le saint Pape Jean-Paul II, notre monde, emporté dans une spirale de suractivité et de passions déréglées, sombre dans l’oubli de Dieu. Il perd la mémoire de son Seigneur ; il perd de vue les traces de son Dieu ; il vivote comme si Dieu n’existait pas.  « La vie consacrée, surtout pendant les périodes difficiles, écrivait-il, est donc une bénédiction pour la vie humaine et pour la vie de l’Église elle-même ». Elle est une véritable « thérapie spirituelle ». Avec l’apôtre Paul, elle provoque, proclame et prophétise ; elle nous exhorte: « Recherchez avec ardeur les dons les plus grands … ».  Son action étale sous nos yeux, au fil de l’histoire, la charité qui « rend service, supporte tout, espère tout et endure tout« . Mais sa seule présence est le rappel de « l’absolu de Dieu ». Elle entretien donc en nous le réflexe de la prière qui nous fait dire en toutes circonstances : « Priez bien pour moi ».

 

Vous êtes nombreux à confier à notre communauté et à celle des Sœurs de la maison sainte Germaine vos intentions de prière. C’est vraiment un très bon réflexe. Soyez donc sûrs que nous prions effectivement pour vous. Nous sommes là.

 

P. Gilles Morin

Curé

Ressemblances

 

Que de ressemblances entre nous, particulièrement entre chrétiens !

Ne sommes-nous pas tous créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ?

Ne sommes-nous pas tous fils et filles d’un même Père, notre Père des cieux ?

Baptisés, ne sommes-nous pas tous membres d’un même corps, l’Eglise, l’unique Eglise fondée par Jésus-Christ ?

N’est-ce pas pour nous tous que le Christ a versé son sang, a souffert sa Passion, est mort et est ressuscité ?

Finalement, ne sommes-nous pas tous de pauvres pécheurs pardonnés et sauvés ? … si, du moins, nous laissons la Miséricorde Divine se répandre en nos cœurs.

 

Il est un moment particulier où ces questions prennent en moi toute leur mesure, c’est lorsque je donne le sacrement du pardon. Voyant le pénitent, je ne peux alors m’empêcher de me dire en moi-même : « Comme il (elle) me ressemble ! » Il (elle) est pauvre, faible et pécheur, comme moi ; il regrette, comme moi ; il voudrait tellement faire mieux, comme moi ; il bataille au jour le jour, comme moi ; il tombe et se relève comme moi. C’est un pécheur pardonné, comme moi. Oui, comme il (elle) me ressemble ! Comme ils se ressemblent tous ! Comme nous nous ressemblons tous !  Combien, tous, nous sommes aimés de Dieu !… et toujours, Dieu veut nous pardonner. Quelle merveille de Miséricorde !

 

La première lecture de ce dimanche nous relate ce moment où le prêtre Esdras présenta à l’assemblée le livre de la Loi et en fit la lecture « depuis le lever du jour jusqu’à midi ». Tout le peuple se mit debout, nous dit-on, et « levant les mains, répondit ! « Amen ! Amen ! »« . Des siècles plus tard, le grand prêtre par excellence, le Christ, ouvrit lui aussi le Livre pour lire ce passage du prophète Isaïe : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération … » Nous le savons : avec Jésus « les temps sont accomplis« . L’humanité est rachetée, elle est réconciliée avec Dieu, elle est sauvée.

 

En ces temps qui sont les nôtres, notre Pape François ouvre lui aussi le Livre et nous invite à laisser résonner en nous la Parole de Dieu, à l’accueillir et à nous en laisser pétrir. En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, il nous renvoie à ces mots de l’Apôtre Paul : « Vous êtes la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, pour que vous proclamiez les hauts faits de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, vous qui jadis n’étiez pas son peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. (1 Pierre 2,9-10) ». En accueillant ces paroles, au diapason du Peuple élu, puissions-nous nous écrier : « Amen ! Amen ! ».

 

Il faut le redire : Tous nous sommes de pauvres pécheurs ; tous nous sommes rachetés, aimés et sauvés. En tout cela, nous nous ressemblons tellement. Nous sommes membres du même Corps ; nous appartenons au Christ ; nous sommes frères. À nous, avec la grâce de Dieu, d’accueillir les flots de Miséricorde jaillis du cœur de Jésus-Sauveur.

P. Gilles Morin

Curé