De l’Eucharistie à la mission

La semaine de prière pour la mission universelle de l’Église s’ouvre aujourd’hui, tandis que se tient à Rome le synode des évêques pour l’Afrique. Comment, à cette occasion, ne pas laisser raisonner d’une manière toute particulière ce rappel de notre archevêque : « C’est à partir de la célébration eucharistique que doit se comprendre et se vivre la mission de l’Église ».

 

Nous le savons, l’eucharistie est le sommet et la source de toute vie chrétienne ; là est le cœur du Dieu d’amour, là est la lumière qui irradie et illumine, là est le feu qui embrase et se propage. Sans ce “sacrement des sacrements”, la mission se trouve ravalée au rang de structures, de planifications, de verbiage et d’agitation. Elle devient action humaine et ne peut que communiquer un certain humanisme. Elle n’est plus œuvre de l’Esprit, capable de diviniser et de transfigurer. On larmoie sur la déchristianisation ; on cherche à y palier par de simples organisations. Si notre Église semble marquer le pas, n’est-ce pas d’abord parce que trop de chrétiens ne brûlent pas de la ferveur de l’Eucharistie, à commencer peut-être par nous-mêmes ? Redisons-le nettement : l’Eucharistie est la source de la mission. Vivons de l’Eucharistie, et nous embraserons le monde.

 

En ce dimanche, le pape Benoît XVI canonise cinq bienheureux, dont deux nous sont quelque peu familiers :

  • Jeanne Jugan, fondatrice des petites Sœurs des pauvres, qui aimait partir de Jésus-Eucharisie pour s’élancer vers ses pauvres  « Je commence toujours par me mettre en présence de mon Dieu, disait-elle, pour faire tout en sa sainte présence ».
  • Le Père Damien, l’apôtre des lépreux sur l’île de Molokaï, qui pouvait écrire : « Sans le Saint-Sacrement, une position comme la mienne ne serait pas tolérable. Mais possédant près de moi Notre Seigneur, je suis toujours gai et je travaille avec ardeur au bonheur de mes chers lépreux » Et lorsqu’il ne pourra même plus entrer dans la chapelle des sœurs, par peur de les contaminer, on le surprendra à genoux sur un tas de fumier, tourné vers le tabernacle.

 

L’Eucharistie embrase, illumine et fait des miracles. Et si nous la mettions résolument au cœur de notre vie… « Beaucoup de choses changeront, nous dit notre archevêque, si nous consentons tous à mieux organiser notre vie à partir de l’Eucharistie ; beaucoup de choses peuvent changer dans notre manière de vivre notre foi si nous adhérons mieux au dynamisme interne de l’Eucharistie ».

 

Père Gilles Morin

Curé