Que nous ayons ta joie et ton bonheur d’aimer !

La sagesse aux yeux des hommes est folie aux yeux de Dieu. Le bonheur formaté par notre monde est en effet aux antipodes de celui que le Seigneur nous propose : Ni fortune, ni puissance, ni jouissance, ni vie doucette et indolore … Il s’agit de tellement plus que cela. Notre bonheur passe par notre adhésion à la personne du Christ unique Sauveur, et à notre configuration amoureuse à Celui qui nous est dépeint dans l’évangile des Béatitudes.  Jésus, pauvre, doux, affamé de justice, miséricordieux, prince de la paix, mais aussi persécuté, insulté et calomnié EST la joie du Père ; il est notre joie ; là est notre bonheur. C’est donc Lui que nous devons chercher en toute humilité, Lui que nous devons imiter, Lui que nous devons aimer.

 

La sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, nous dit l’apôtre Paul, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort … ». Il y a trente ans, le 6 février 1981, Dieu rappelait près de Lui Marthe Robin, fondatrice avec le Père Finet des Foyers de Charité.

 

Marthe était faible, … si faible. Durant plus de cinquante ans, terrassée par la maladie, elle ne quittait pas son lit. Marquée en sa chair, chaque vendredi, par les stigmates de la Passion, elle ne se nourrissait que de l’Eucharistie. Elle souffrait ; elle souffrait tellement ; mais elle aimait, elle aimait plus encore. Elle était faible … si faible … Mais elle était pleine de la sagesse de Dieu. Durant un demi-siècle, des gens de toutes conditions, y compris des grands de ce monde, sont venus par milliers jusqu’à elle pour lui demander conseil, se recommander à ses prières, et percevoir à travers elle la sainte volonté de Dieu.  Bien des fondateurs de communautés nouvelles lui doivent beaucoup.

 

Marthe était faible ; elle était d’origine modeste ; aux yeux du monde, elle n’était rien qu’une infirme inutile et alitée que certains seraient tentés de nos jours d’euthanasier. Dieu l’a élue non pour subir mais pour offrir. Dieu l’a choisie pour porter du fruit et un fruit qui demeure. « Que Dieu, disait-elle, fasse de moi un vrai foyer de lumière et d’amour, une parole pour porter sa joie. » Et elle avouait : « Je connais maintenant la joie la plus pure, la plus douce que l’on puisse connaître : celle de vivre pour les autres et pour leur bonheur ». Elle ajoutait même, à l’intention de chacun d’entre nous :  «Une chose reste toujours, elle est à la portée de chacun : la joie des autres…donner un peu de calme, de courage, d’espoir, provoquer un sourire, tout cela est un doux travail et il n’est pas nécessaire d’être en santé pour le faire ».

 

Marthe était pauvre ; elle était si douce ; elle a tant pleuré ; elle était pleine de miséricorde et toute pure … Aussi fou et stupéfiant que cela puisse paraître aux sages de ce monde, dans sa souffrance elle avait trouvé la Joie.  « Je prie ardemment et de toutes mes forces, affirmait-elle, ou ce qui est plus juste, de toutes les impuissances de mon cœur pour que ma joie, mon bonheur d’aimer soit donnés à tous ». Ô Marthe, continue de prier pour nous, spécialement pour tous les petits et les faibles, les malades et les souffrants ; oui, prie pour nous pour que nous partagions ta joie et ton bonheur d’aimer.

 

Père Gilles Morin

curé