Quelle que soit l’odeur, … enlever la pierre

« Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir … ». Dieu l’a dit et il l’a fait. Il tient toujours ses promesses. Lazare était au tombeau, … depuis quatre jours. Il sentait déjà. Et voilà que le Christ, vrai Dieu, se dresse devant lui et crie d’une voix forte : ” Lazare, viens dehors !”.  « Et le mort sortit, atteste l’Evangile, les pieds et les mains attachés… » Et Jésus d’ajouter : “Déliez-le, et laissez-le aller” ».

 

Certaines images restent gravées dans notre mémoire. J’ai eu, jadis, à approcher un corps, déjà en phase de décomposition. C’était horrible et nauséabond à vomir. J’ai eu il y a quelques semaines, à prier près d’une princesse qui venait de mourir. Ses traits s’étaient détendus ! Qu’elle était belle ! … comme une reine. L’odeur de l’huile des malades embaumait son corps. Ô Dieu, qu’elle sentait bon !

 

« L’homme périt quand il perd la vie éternelle », affirmait le pape Jean-Paul II. Le péché grave est effectivement une véritable mort … la mort de l’âme. Lorsqu’on reste ainsi au tombeau des jours et des jours, voire des semaines et des années, c’est horrible et nauséabond. On se dégoûte soi-même et on dégoûte les autres. Nous sommes faits pour la vie et non pour les miasmes de la mort.

 

Jésus s’approche toujours de nous dans ce merveilleux sacrement qu’est celui de la réconciliation. « Viens dehors ! », nous lance-t-il. A l’approche de notre Journée du Pardon, il nous faut laisser résonner son appel. Abandonnons nos ténèbres ! Sortons de nos tombeaux ! Allons à la lumière ; courons vers celui qui est « la résurrection et la vie ». Que l’ampleur et la gravité de nos péchés ne nous arrêtent aucunement ! Il suffit d’une chose : Enlever la pierre … celle de notre orgueil ou de notre indifférence. Alors le miracle s’accomplit : nous sommes déliés et nous allons … nous allons le visage paisible et rayonnant, nous allons comme des rois, comme des reines, en diffusant la bonne odeur de la grâce qui nous habite.

 

Lazare était mort ; il est revenu à la vie. Il ne pouvait s’empêcher dès lors de proclamer les merveilles accomplies par Jésus, son Maître, son Seigneur, son ami.  Oui, il parlait, il se montrait. Trop souvent, comme chrétiens, nous nous taisons, nous nous cachons. Peut-être parce que nous ne faisons pas assez l’expérience de cette véritable résurrection qu’accomplit en nous le sacrement du pardon.

 

Père Gilles Morin

Curé