Pourquoi ? oui pourquoi ?

 

L’exhortation de l’apôtre Paul est pressante ; elle va jusqu’à se faire supplication : « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu, nous dit-il … Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit ». Il est vrai que l’enjeu est de taille. Avec une simplicité percutante, le saint curé d’Ars le mettait ainsi en lumière :

« Si l’on disait aux damnés : “Pourquoi êtes-vous en enfer ?”, ils répondraient : “Pour avoir résisté au Saint-Esprit”. Et si l’on disait aux saints : “Pourquoi êtes-vous au ciel ? “, ils répondraient : “Pour avoir écouté le Saint-Esprit…”. »

L’une des images les plus expressives de l’action de l’Esprit-Saint est celle du vent ou du souffle. J’aime ce dessin que j’ai remis aux enfants de notre paroisse qui, en cette solennité de la Pentecôte, reçoivent le sacrement de Confirmation. Prenez le temps de le regardez d’un peu près. C’est toute une catéchèse en image.

Nous sommes dans ce petit voilier à tenir la barre. Nous voguons sur la mer de ce monde. Où allons-nous ? Quel but poursuivons-nous ? Ce ne peut être … ce ne doit être … que le soleil de l’Amour de Dieu, la béatitude éternelle. Dans notre traversée d’ici-bas, le vent ne nous fera jamais défaut. L’Esprit-Saint souffle – c’est pour nous une certitude de foi – mais qu’en est-il de notre disponibilité, de notre réceptivité et de notre docilité à cet Esprit ? Notre cœur est-il grand ouvert, les voiles déployées et bien orientées ?

Nous nous plaignons parfois de piétiner, de nous traîner, voire de stagner, mais comment pourrait-il en être autrement si, en nous, tout est recroquevillé. Où l’Esprit-Saint pourrait-il donc s’engouffrer pour nous propulser ?

Nous gémissons parfois de suffoquer et d’asphyxier, mais de quel air remplissons-nous notre âme : celui des séductions extérieures de ce monde ou celui des motions intérieures de l’Esprit ?

Respirons à pleins poumons le bon air de l’Esprit d’Amour. Ouvrons nos cœurs et déployons toutes grandes les voiles de notre être le plus profond pour voguer, sous le souffle de l’Esprit, vers Le Soleil éternel. « Le Ciel, le Ciel, nous le verrons, nous le verrons ! » s’écriait le Curé d’Ars. Oui, nous le verrons, nous l’espérons. Et si nous y parvenons, nous pourrons affirmer avec simplicité que ce sera “pour avoir écouté le Saint-Esprit”.

 

Père Gilles Morin,

Curé