Miser sur la Miséricorde

 

Nous le sentons bien ; nous le savons bien. Ce deuxième dimanche de Pâques a une résonnance particulière en cette Année Sainte de la Miséricorde. C’est même l’un des rendez-vous majeurs de ce temps de grâce.

 

L’Evangile de ce jour nous relate l’apparition de Jésus ressuscité montrant ses plaies glorieuses, signes tangibles de l’immensité de son Amour. Paraphrasant le saint pape Jean-Paul II, je peux vous dire qu’aujourd’hui ma joie est grande de vous proposer, avec toute l’Eglise, la vie, le témoignage et plus encore le message de Sœur Faustyna Kowalska, la première sainte canonisée de ce troisième millénaire.

 

« La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, lui révèle Jésus ». C’était en Pologne, dans les années 1930. « Je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier Dimanche après Pâques … Je désire qu’elle soit le recours et le refuge pour toutes les âmes et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour, les entrailles de ma Miséricorde sont grandes ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde ».

 

C’est encore Jésus qui lui pose cette demande : « Peins un tableau selon le modèle que tu vois, avec l’inscription : Jésus, j’ai confiance en Toi. Je désire que l’on honore ce tableau, d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier. Je promets que l’âme qui honorera ce tableau ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis d’ici-bas, spécialement à l’heure de la mort. Moi-même, je la défendrai, comme ma propre gloire …. ». Ce tableau, vous pouvez l’admirer. Vous l’avez sous les yeux, bien en évidence, cette semaine, en notre église … du moins sa copie exacte, aux dimensions de l’original. Oui, regardez, admirez.

 

Que voyez-vous ? Deux rayons jaillissant du cœur du Christ. Lui-même en donne l’explication : « Le rayon pâle signifie l’eau, qui purifie les âmes ; le rayon rouge signifie le sang, qui est la vie des âmes (…) Heureux celui qui vivra dans leur ombre »,

 

Que voyez-vous encore ? Jésus s’avançant vers nous. C’est toujours lui qui fait le premier pas pour nous attirer à Lui et nous redire son amour. « La Miséricorde, nous a rappelé notre Pape François, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre ».

 

En ce dimanche de la Divine Miséricorde, ravivons notre espérance. « Ce message réconfortant, disait encore le saint Pape Jean-Paul II, s’adresse en particulier à celui qui, touché par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés commis, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. C’est à lui que se présente le visage doux du Christ, c’est sur lui qu’arrivent ces rayons qui partent de son Cœur et qui illuminent, réchauffent, indiquent le chemin et diffusent l’espérance. Combien d’âmes a déjà réconfortées l’invocation : « Jésus, j’ai confiance en Toi« , que la Providence a suggérée à Sœur Faustyna ! Cet acte simple d’abandon à Jésus dissipe les nuages les plus épais et fait pénétrer un rayon de lumière dans la vie de chacun »

 

Alors, surtout n’hésitons pas. Posons cet acte d’abandon. Invoquons Jésus miséricordieux. Répétons-lui au jour le jour, avec foi : « Jésus, j’ai confiance en Toi »

 

Père Gilles Morin,

Curé

La vie plus forte que la mort

 

Sans nul doute, la vie est plus forte que la mort. « Ô mort, où donc est ta victoire, s’écrie l’apôtre Paul, la mort a été vaincue par la vie ».

 

J’ai en mémoire ces paysages arides d’Afrique. Au terme de plusieurs mois de sécheresse, le soleil torride ayant fait son œuvre, tout ne semble qu’un immense désert. Puis viennent les premières pluies et tout alors reverdit. La vie finit toujours par se frayer un chemin.

 

Que de fois, dans l’histoire, à commencer par celle de notre pays, la mort de Dieu a été prophétisée ! Et pourtant, Dieu est là, toujours là, bien à l’œuvre. Il est le Vivant pour les siècles des siècles.

 

Que de fois encore n’a-t-on pas programmé la mort de l’Eglise et la disparition des chrétiens, depuis les massacres perpétrés par l’empereur Néron et ses successeurs jusqu’à ceux, bien actuels, planifiés par l’Etat Islamique. Mais l’Eglise est toujours là, bien vivante. Nos frères chrétiens, pourchassés et atrocement persécutés, portent jusqu’à nous le témoignage admirable de leur foi. En cette solennité de Pâques, nous ne saurions les oublier.

 

Les églises de France sont vides, entend-t-on répéter. Entrez donc dans ces lieux saints le mercredi des cendres, au premier jour du Carême ; pénétrez dans une église lors des cérémonies du triduum pascal. Que verrez-vous ? Des communautés de fidèles du Christ qui prient et qui chantent avec ferveur les merveilles du Dieu de toute miséricorde. Au cours de la Vigile pascale et au saint jour de Pâques, écoutez retentir leur « Alléluia !«  qui s’élève à la gloire du Dieu vainqueur et qui résonne jusqu’aux extrémités de la terre.

 

Les chrétiens sont bel et bien là. En cette année sainte de la Miséricorde, ce sont près de 400 catéchumènes adultes de notre diocèse de Paris qui sont baptisés dans la nuit pascale. Et Dieu est mort,  disent certains ?… et les chrétiens sont en voie d’extinction, affirment d’autres ? Non, malgré les difficultés de ce monde, au-delà d’une Europe s’enfonçant dans la sécularisation, l’Eglise vit et perpétue la Bonne Nouvelle, celle du Dieu Vivant et Aimant. « Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia !

 

Et nous-mêmes ? Peut-être avons-nous connu des jours particulièrement sombres, des jours enténébrés faisant de nos jours des nuits ? Peut-être même avons-nous fait l’expérience sensible de l’absence de Dieu au point de nous écrier : « C’en est fini ; A quoi bon vivre ? Le Seigneur m’a abandonné. Je suis vaincu, je n’en peux plus » ? Mais aujourd’hui, nous sommes là à chanter à pleine voix : « Alleluia ! Christ est ressuscité ! Il était là et je ne le savais pas ; Il était là, sans jamais me lâcher, à continuer à m’aimer ; Il est toujours là, Lui le Dieu vainqueur, le ressuscité et le Vivant à jamais ».

 

Vous tous qui nous côtoyez et nous entendez, comprenez-le : nous ne sommes pas des morts mais des vivants. Nous ne sommes nullement dans l’ignorance mais dans la connaissance. Oui, nous savons que Dieu est toute Miséricorde et nous vous le chantons à pleine voix. Chantez donc avec nous les merveilles de Dieu : « Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia ! »

 

SAINTE ET JOYEUSE FÊTE DE PÂQUES !

 

Père Gilles Morin,

Curé