En avant

 

À la différence du titre de l’éditorial du Père Gallet la semaine dernière, cette fois-ci, c’est bien  « avant  » sans majuscule et avec un « a ». Oui, allons de l’avant ! Alors que nous nous apprêtons à solenniser notre Mère du Ciel en son Immaculée Conception et où nous allons entrer dans l’Année Sainte de la Miséricorde, comment ne pas s’écrier : « En avant ! ».

 

Il y a quelques semaines, un samedi soir vers 21h30, je rentrais du stade de football où je vais le plus souvent possible encourager nos grands du patronage. Garant la voiture à mon retour et à peine descendu, je vis une ombre dans la nuit tout près de l’oratoire. Quelque peu inquiet, je m’approchais. Un homme était là, assis sur les marches, en silence. Je le reconnu tout de suite ; c’était l’un de nos paroissiens, tenant son chapelet à la main.

–          Bonsoir ! vous attendez quelqu’un ou vous avez besoin de quelque chose, lui demandai-je ?

–          Non, me répondit-il. Je suis venu prier la Vierge Marie.

–          Voulez-vous que je vous ouvre l’oratoire ?

–          Non, ce n’est pas la peine

Je me permis alors d’insister, mais lui de me redire en toute simplicité

–          Non, vraiment, je vous remercie.

Et, tout en se tournant vers l’oratoire, d’ajouter :

–          Je sais qu’elle est là

Je ne sais ce que ce paroissien portait ce soir-là en lui ni ce qu’il voulait confier à la Vierge Marie, mais je n’ai pas manqué de m’émerveiller. Avant de m’endormir, je me suis redis : « Prie encore et toujours plus Marie, la Vierge Immaculée, Notre-Dame de Nazareth« .

 

Mardi avec l’Eglise universelle, puis dimanche prochain en communion avec tout notre diocèse, nous entrerons dans l’Année Sainte de la Miséricorde qui nous est offerte par notre Saint Père, le pape François. C’est lui qui nous dit : « Que notre pensée se tourne vers la Mère de la Miséricorde. Que la douceur de son regard nous accompagne en cette Année Sainte, afin que tous puissent redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu ».

 

Dès lors, comment ne pas aller de l’avant, malgré nos fragilités et nos péchés ? Nous avons Marie ; nous savons qu’elle est là, toujours là, comme son fils et avec son fils. Allons nous blottir contre son cœur, pleurer et exulter près d’elle, tout faire passer par elle. Quittons notre robe de tristesse et de misère, rejetons toute tentation de découragement et de désespérance. Réjouissons-nous parce que Dieu se souvient ; oui il se souvient de la promesse faite à son peuple. Voici venir le Sauveur, le Dieu de toute Miséricorde. Que notre voix s’élève pour crier dans le désert de notre monde : « Contemplez la splendeur de la Miséricorde ! Il vient Jésus, l’Amour incarné, le prince de la paix, pour nous révéler la tendresse du Père ; il nous est donné par Marie, notre maman à tous. Elle est toujours là, soyez-en sûrs ; elle ne nous oublie pas. Alors, surtout, ne l’oublions pas.

 

P. Gilles Morin

Curé

En Avent !

 

Non, ce n’est pas une faute d’orthographe ! Simplement un petit jeu de mots. J’entends déjà la rumeur venant du patro « facile » ! Oui, mais si le jeu de mots est facile, la réalité est tout autre…

 

Entrer vraiment dans le temps de l’Avent n’est pas si simple. Il y a tant et tant d’obstacles sur notre chemin pour accueillir l’enfant Dieu que l’Église, en bonne mère, est obligée de jalonner notre route.

 

Là où nous pensons lumières de fêtes et illumination de nos rues, l’Eglise nous aide à accueillir celui qui est la vraie lumière venue dans ce monde. Là où nous pensons bons repas et tables bien garnies, l’Eglise nous rappelle que celui qui vient au monde dans une mangeoire est aussi celui qui deviendra le pain véritable, né à Bethléem, « la maison du pain ». Là où nous pensons beaux cadeaux enrubannés de toutes les couleurs, l’Eglise nous aide à voir dans ce nouveau-né, enrubanné dans ses langes, le plus beau des cadeaux que Dieu puisse nous faire, celui qui est le plus précieux, pour lui, et qui le devient pour nous, son Fils bien-aimé.

 

Nous pourrions trouver encore bien des aspects, dans cette si belle fête,  comme par exemple l’accueil de nos frères pauvres, en pensant à la Sainte Famille qui ne trouva pas de lieu pour l’accueillir…

 

Nous allons avoir surtout deux exemples, deux guides pour cheminer jusqu’à la grotte de Bethléem : Jean Baptiste et Marie.

 

Jean Baptiste comme le modèle de celui qui veille, par une vie de silence, dans le désert, scrutant ce que dit la Parole de Dieu sur celui qui doit venir. Silence et écoute de la Parole ne pourraient-ils pas être notre nourriture  quotidienne au lieu de bruit et de lectures qui ne servent à rien sinon à nous distraire de l’essentiel ?

 

Marie comme le modèle de ceux qui veulent servir leur prochain, attentive aux moindres besoins, prête à se mettre en route sans perdre de temps pour quelqu’un qui en a besoin. Marie est aussi à l’écoute de cette Parole qui doucement germe en elle. Ne pourrions-nous pas être plus attentifs et serviables pour ceux qui nous entourent, sans compter notre temps si quelqu’un veut nous parler ou nous demande un service ?

 

L’Eglise nous le redit en ce dimanche « restez éveillés et priez en tout temps » ceux qui auront participé à la nuit d’adoration apprécieront. Rien ne nous empêche d’en faire notre quotidien dans ce temps de l’attente.

 

P. J-L Gallet sv