« Approchons-nous »

 

Pauvre femme, elle a tout essayé ; rien n’y a fait. Elle traîne toujours son mal. L’Evangile précise qu’elle a des pertes de sang depuis douze ans. En désespoir de cause, “cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus“, se fraie un chemin à travers la foule. Elle ne vise rien d’époustouflant ni de solennel. Son objectif : toucher le vêtement de ce rabbi. Elle ne cherche aucunement à attirer les regards. Non, c’est une voleuse … une voleuse de miracles. Elle en a la technique : Pour voler, il faut approcher et toucher, se fondre dans la foule, venir par derrière, dérober sans que personne ne s’en rende compte, puis s’en retourner l’air de rien en conservant l’anonymat.

 

Reconnaissons qu’à l’exemple de cette femme, nous avons notre lot de misères physiques, morales ou spirituelles que nous traînons parfois depuis bon nombre d’années. Nous avons alors l’impression d’avoir tout tenté, mais vers qui sommes-nous allés ? Nous sommes-nous vraiment approchés de Jésus avec humilité et foi pour nous faire “voleur de grâces“ ?

 

Durant les mois de juillet et août, nous serons nombreux à quitter Paris pour nous approcher de la nature, de notre famille, de nos amis. Puissions-nous aussi nous approcher du Christ qui est là, toujours présent. La femme de l’Evangile a simplement touché son vêtement et elle s’en est trouvée guérie. Dans l’Eucharistie, nous pouvons non seulement le voir et le toucher, mais aussi le manger. Alors, ayons la foi : nous obtiendrons de nombreuses grâces … et même des miracles ?

 

Père Gilles Morin, curé

Une mission d’exception

 

Vous le savez sans doute : Il n’y a que trois personnes dont l’Église souligne liturgiquement la naissance sur terre, ce sont Jésus, Marie sa mère et Jean le Baptiste. On parle alors de leur nativité. On manifeste ainsi leur destin exceptionnel dans l’histoire du salut. Autant dire que la solennité de ce jour est vraiment solennelle. Elle va jusqu’à  primer sur le dimanche ordinaire et précède en degré la Nativité de la Vierge Marie (qui n’est qu’une fête et non une solennité). Pourquoi une telle place dans la liturgie de l’Église ? Remarquons que dans l’Evangile, la naissance du précurseur est, en elle-même pleine de solennité. Elle est annoncée, comme pour Jésus, par un ange. L’enfant naît d’une femme réputée stérile. De plus, un miracle l’accompagne : la parole est rendue à Zacharie qui s’empresse d’affirmer au sujet de son fils : « Son nom est Jean », c’est-à-dire « Dieu a fait grâce ». Oui, Dieu fait grâce à ces époux, mais plus encore à toute l’humanité : « le Royaume est là », » le Seigneur vient visiter son peuple », « c’est maintenant le moment favorable, le jour du Salut ». Le chantre de cette annonce n’est autre que le précurseur, Jean le Baptiste. « Que sera donc cet enfant ? » s’interrogent les gens de Judée ? Il a vraiment un destin d’exception. La préface de la messe nous le rappelle, livrant ainsi les motifs de cette solennité :

«Avant même de naître, il tressaillit d’allégresse à l’approche du Sauveur ; en venant au monde, il apportait une grande joie : il fut, de tous les prophètes, celui qui désigna le Messie, l’Agneau de Dieu ; dans les eaux qui devaient en être sanctifiées, il baptisa l’auteur du baptême ; enfin, il rendit au Christ le plus beau témoignage, le témoignage du martyre ».

Jésus lui-même l’affirme : « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11, 11).

 

En ce dimanche, 14 enfants catéchisés en notre paroisse vont être baptisés. Ils ont de 8 à 11 ans. Le Seigneur les a formés dès le sein de leur mère. L’eau va couler sur leur front ; ils vont s’entendre appeler par leur prénom suivi de ces paroles « Je te baptise, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». La joie va inonder leur cœur. Au plus intime de leur être sera enracinée cette certitude : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force ». Que seront donc ces enfants ? Souhaitons leur un destin d’exception, non selon nos catégories humaines mais selon le projet de Dieu. Puissent-ils être à leur manière prophètes du Très-Haut et chantres de la Bonne Nouvelle du Salut.

 

La période estivale va s’ouvrir. Avec elle, notre communauté paroissiale va connaître une certaine dispersion, du moins géographique. Quel que soit notre nom, en nous et par nous, Dieu veut faire grâce. Par le Baptême, il a fait de chacun de nous une lumière pour les nations, pour que son salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission, n’en doutons pas, elle est d’exception.

 

Père Gilles Morin, curé