Vous avez appris … et bien moi, je vous dis …

Il y a 2000 ans, une voix a retenti sur une montagne de Galilée. Elle a traversé les lieux et les temps pour nous enseigner hier, aujourd’hui et à jamais. En Jésus, c’est Dieu lui-même qui parle. C’est pourquoi, Le ciel et la terre passeront … ses paroles ne passeront pas.

 

« Vous avez appris … et bien moi, je vous dis … », affirme ce rabbi de Nazareth. Le peuple ne s’y trompe pas : nul n’a jamais parlé comme cet homme,  avec une telle autorité. La foule n’est pas seulement  » frappée  » par sa façon d’enseigneur ; elle est  » effrayée « . « Cette frayeur, commente Benoît XVI, est justement celle qu’on éprouve du fait qu’un homme ose parler avec l’autorité de Dieu. Faisant ainsi, ou bien il profane la majesté de Dieu, ce qui serait terrible, ou bien, et cela semble pratiquement inconcevable, il est vraiment à la hauteur de Dieu ». L’inconcevable est pourtant réalité : Jésus, vrai homme, EST aussi vrai Dieu. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, il ose. Sa voix retentit, provoque et dérange, stimule ou contrarie.

 

« Vous avez appris : tu ne commettras pas de meurtre … Tu ne commettras pas d’adultère … Tu ne feras pas de faux serments … », et notre monde continue pourtant de tuer tant d’innocents,  de banaliser les aventures érotiques, de violer ses engagements les plus solennels…

«- Mais pas moi, nous récrions-nous ».

Laissons-nous alors enseigner par Jésus : « Et bien moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère …  qui regarde une femme et la désire … qui jure en prenant le ciel et la terre à témoinEs-tu indemne de tout cela ? Ne t’arrive-t-il jamais de maudire, d’avoir un regard impur, de briser tes promesses ? »

Nous ne pouvons alors que répondre bien humblement :

«- Ah ! Seigneur, tu as raison ;  éclaire-moi, enseigne-moi ; purifie-moi, fortifie-moi ».

 

« Vous avez appris qu’il a été dit Œil pour œil, dent pour dent … » et notre monde, impitoyable,  réclame vengeance, se laisse prendre par l’engrenage de la violence.

«- Mais pas moi, nous récrions-nous encore »

Et Jésus peut nous interroger : « Pas toi ? Ne rends-tu jamais l’insulte pour l’insulte ni le coup pour le coup ? Vas-tu jusqu’à aimer tes ennemis ? Penses-tu à prier pour ceux qui te persécutent ? ».

Nous ne pouvons, là encore, que répondre humblement :

«- Ah ! Seigneur, c’est vrai ; éclaire-moi, enseigne-moi ; que tes paroles soient la lampe sur ma route »

 

Seigneur, nous avons appris … le monde chaque jour nous dit … mais c’est Ta voix que je veux écouter, c’est ELLE que je veux suivre. Ta Parole, je le sais, est Vérité et Vie ; elle est pour toujours et à jamais.

 

 

Père Gilles Morin

curé

Plus belle est votre vie

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde », nous rappelle l’Evangile de ce dimanche. Il y a un air salin au Mistral, mais il est profondément malsain. Il y a du soleil dans le ciel de ce quartier imaginaire de la ville de Marseille, mais il y a tant d’obscurité dans le cœur de ses habitants. À regarder un seul épisode du feuilleton « Plus belle la vie », on ne peut que s’écrier : « Oh oui ! Que votre vie soit plus belle que celle de ces personnages  de série ».

 

Croyez-vous pouvoir respirer un air aussi malsain au quotidien sans vous en trouver contaminés ? Pensez-vous parvenir à vous immerger chaque jour dans cet univers glauque et immoral, fait d’imbroglios amoureux scabreux, sans en être pollués ? … Couples éclatés et recomposés, homosexuels, bisexuels, … on cherche en vain une famille stable et saine où l’on s’aime… Relations extraconjugales, adultères et banalisation du sexe forment la trame de fond de cette série de plus de 1600 épisodes… Chaque jour, cinq millions de français en rient et se passionnent. N’y aurait-il pas lieu de suffoquer et de s’en détacher ?

 

Avec beaucoup de simplicité et de lucidité, l’une de nos jeunes paroissiennes m’avouait, ces jours derniers, que sa famille s’était laissé accrocher un temps par cette série télévisée. « Maintenant, me confiait-elle, on reconnaît, quand on y réfléchit, que la série a réussi à nous pervertir quelque part l’esprit dans la mesure où, les intrigues policières, les meurtres, les situations d’adultère ou la banalisation de l’Amour au sexe ne nous étonnent plus et où on arrive même à les anticiper, aussi rocambolesques soient-ils ». J’ai voulu vérifier par moi-même. Durant 25 minutes, l’espace d’un épisode, j’ai  respiré à contrecœur l’air du Mistral de Marseille. Il était profondément malsain, je vous le confirme.

 

Nos jubilaires de mariage sont « sel de la terre » et « lumière du monde ». Ils sont bien réels. Leur vie ne se déroule pas dans un cadre imaginaire. Leur toile de fond des années écoulées n’a guère été faite d’intrigues complexes et interminables, ni même d’incessantes rigolades. Elle a été souvent simple, laborieuse, persévérante et courageuse. Avec eux,  nous respirons un air sain et tonifiant. Aujourd’hui, en notre paroisse, nous les mettons comme sur le lampadaire pour qu’ils nous portent leur lumière … lumière de la beauté d’un amour vrai… de l’amour d’un homme et d’une femme dans une union stable scellée dans le mariage … lumière de la famille qui est source d’espérance.  Fêter en ce jour nos jubilaires, c’est reconnaître que plus belle est leur vie pour que plus belles soient nos vies.

 

 

 

Père Gilles Morin

curé