Message de notre Supérieur général

Au terme de cette semaine de visite canonique, le père Mauricio et moi-même tenions à vous rejoindre pour vous partager en quelques lignes ce que nous retenons de ce que nous avons vu et entendu à Notre-Dame de Nazareth.

Tout d’abord nous vous disons un grand merci pour votre accueil et le soutien de votre prière.

Il fait bon vivre à Nazareth… Personnellement je le savais depuis longtemps, mais je l’ai perçu de façon particulière la semaine passée, car j’ai constaté combien la communauté des fidèles est unie à celle des religieux. Je dirais, en reprenant une pensée de notre vénérable fondateur, le père Jean-Léon Le Prevost, que « vous vous prêtez à l’envi un appui réciproque. » Il y a en effet parmi vous, religieux et laïcs, une réelle collaboration et une saine familiarité.

Nul doute que cela est lié à la qualité de votre vie spirituelle enracinée dans la prière : prière personnelle et prière liturgique. Vos pasteurs savent susciter votre générosité, et vous savez répondre avec empressement aux initiatives qui sont prises pour approfondir la foi et témoigner par la prière de votre union au Christ et à l’Eglise.

La marque propre de Notre-Dame de Nazareth c’est la place centrale tenue par les bénévoles, toujours nombreux au service de l’accueil, de la catéchèse, de l’éducation par le patronage des garçons et des filles, sans oublier les menus services qui rendent la vie quotidienne plus simple et plus agréable (je pense en particulier aux familles qui préparent le repas du dimanche pour la communauté religieuse).

J’ai constaté par ailleurs que davantage de liens se sont tissés entre les patros et la paroisse, et que les liens privilégiés qui unissent la communauté de Nazareth à la maison Ste Germaine demeurent solides.

Enfin, le signe de la bonne santé spirituelle de la communauté chrétienne unie sous la protection de Notre-Dame, c’est la présence au sein de notre communauté religieuse d’un postulant issu du patronage. Avec vous je rends grâce de la fidélité de chacun à la grâce que Dieu nous fait.

Demeurons vigilants dans la prière, et toujours plus missionnaires, avec patience, humilité et douceur, pour que « de toutes les manières le Christ soit annoncé » et que, par le rayonnement de notre vie, l’Eglise, dont nous sommes les fils et les filles, soit mieux connue et aimée.

 

Père Philippe Mura sv

Supérieur général

Sous terre ou au grand jour

Ils ont passé 69 jours dans les entrailles sombres et humides de la mine de San José au Chili.  Ces 33 mineurs, comptés un temps pour morts, sont bel et bien vivants. Durant 17 jours, ce fut pour eux l’enfer, l’angoisse, la peur, les pleurs, et même le déchirement jusqu’à la violence. Enfin repérés et reliés au monde par un conduit étroit, ils purent recevoir de l’eau et des vivres. Ils retrouvèrent espoir ; ce fut une explosion de joie. Ces hommes qui s’étaient heurtés et battus s’embrassèrent et se pardonnèrent. « J’ai été avec Dieu et avec le diable, raconte l’un d’entre eux. J’ai saisi la main de Dieu. C’était la meilleure main ». Ces mineurs prièrent et rendirent grâce à Dieu … à ce Dieu qui a pris chair sur notre terre, en Jésus notre Sauveur.

 

Ce Sauveur, ils pouvaient L’invoquer parce qu’un jour, des missionnaires vinrent porter au Chili la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Ils pouvaient espérer en Lui parce que des saints de leur magnifique pays les encourageaient mystérieusement en ces jours difficiles.

 

«  Dieu seul suffit … Jésus est notre joie infinie », leur criait doucement depuis son cloître Sainte Teresa de los Andes, jeune carmélite morte en 1920 à l’âge de 19 ans. Elle s’était offerte, affirmait-elle, pour « souffrir et aimer, comme l’Agneau de Dieu qui prend sur lui les péchés du monde ».

 

« Ne regarde pas l’horizon, leur murmurait le Bienheureux Alberto Hurtado, décédé à Santiago en 1952 à l’âge de 51 ans, … Regarde vers le haut, vers Dieu … ».  Ce Jésuite parlait d’expérience lui qui écrivait : « Je suis bien souvent comme un rocher battu de tous côtés par les vagues. On ne peut s’en échapper que par en-haut. Pendant une heure, pendant un jour, je laisse les vagues battre le rocher ; je ne porte pas mon regard vers l’horizon, mais seulement vers le haut, vers Dieu ». Sa vie fut toute entière donnée à la mission : « Je préfère mourir jeune, usé, que vieux, moisi... » avait-il répondu à un confrère prêtre qui lui conseillait de se ménager.

 

Ils passent des jours, des semaines, des années, dans les entrailles obscures de l’ignorance de la foi. Ils sont des milliers … des millions ; ils sont loin de nous et parfois à côté de nous. Pouvons-nous les laisser ainsi ? N’avons-nous pas le devoir de les chercher pour les conduire au grand jour du soleil de Dieu ? Ne sommes-nous pas appeler à être ce conduit étroit dont le Seigneur peut se servir pour déverser sur eux les eaux vives du baptême et les nourrir du pain de Vie ? Notre main ne doit-elle pas être pour chacun d’eux comme la main de Dieu … la meilleure main ?

 

En cette journée mondiale des missions, nous sommes exhortés à brûler du désir de propager l’Evangile. « Le missionnaire, c’est le saint ».

Il nous faut donc être saints, être prêts à « souffrir et aimer comme l’Agneau de Dieu », et avoir l’audace de crier à tous nos frères qui ne connaissent pas la Lumière : « Dieu seul suffit … Jésus est notre joie infinie ».

Il nous faut être saints, nous user plutôt que moisir – quelque soit notre âge – et face aux flots qui nous assaillent, nous en échapper par en-haut. Alors, nous ne pourrons nous taire ; à ceux qui n’ont d’autres horizons que le monde, nous répéterons inlassablement : Regarde vers le haut, vers Dieu.

Père Gilles Morin, Curé