« Il tourne vers toi son visage, il t’apporte la paix »

 

« Douce nuit, sainte nuit ». Le 24 décembre au soir, ce beau chant de Noël a résonné dans de nombreuses églises. D’une extrémité du monde à l’autre, la Nativité du Seigneur invite à la paix. Le jour de Noël, croyants et non croyants, en souvenir de la naissance d’un petit enfant, respectent une trêve. Les armes se taisent ; les gestes d’amitié se multiplient ; les visages se décrispent et sourient ; chacun prend conscience que l’humanité est appelée à vivre en paix.

Ce jour de Noël 2011, ce jour qui dût être jour de trêve et de paix, la violence et la mort se sont pourtant abattus sur la communauté chrétienne qui est au Nigéria. Plusieurs attentats terroristes ont en effet frappés nos frères dans la foi, principalement celui qui eut lieu dans une église près de Abuja, la capitale. Bilan : 35 morts … 35 chrétiens, réunis un jour de paix, autour du Prince de la Paix, pour prier pour la paix. Comme l’a relevé notre président de la République, “En ce jour symbolique, les terroristes ont tué ceux qui priaient pour la paix dans le monde”. Pour cette communauté chrétienne, Noël a donc été marqué par le sang et la  mort, comme au diapason des habitants de la région de Bethléem, il y a un peu plus de 2000 ans, lors du massacre des saints innocents. Prions pour nos frères si éprouvés et pourtant profondément enracinés dans la foi.

Ce jour de Noël, ce jour qui dût être jour de sourire et de joie, une femme à la sortie de la messe, ici à N.D. de Nazareth, versait des larmes. Elle tenait par la main sa maman ; c’est beau. Cette dernière me confiait avec une certaine fierté qu’elle approchait de ses 100 ans. Sa fille, pourtant, pleurait. M’approchant d’elle tout en devinant la cause de ses larmes, elle m’avoua : « C’est dur de s’occuper ainsi de sa maman ; jusqu’à présent j’ai tenu, j’ai fait de mon mieux, mais je n’en plus, je n’y arrive plus». Pour cette femme, Noël a donc été marqué par les larmes, comme au diapason de tant de cœurs qui souffrent face à la dégradation et à l’approche de la mort de leurs proches. Prions pour elle ; prions pour eux.

« Il est né le divin Enfant … ». La nuit et le jour de Noël, cet autre beau chant a résonné dans de nombreuses églises, à commencer par la nôtre. Nos voix lançaient : « De la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère ». Lequel ? « Il nous aime inlassablement ».  La Vierge Marie, nous le savons, elle celle par qui nous a été donné le Prince de la Paix, le Dieu de la Joie. Elle était à la crèche ; elle était aussi au pied de la croix. Elle connaît nos joies et nos souffrances ; elle a exulté et pleuré.  C’est elle que nous fêtons en ce premier jour de l’année nouvelle ; n’est-elle pas l’aurore du salut ? C’est elle qui nous ouvre le chemin, nous accompagne et nous porte tout au long de la route. Cette Mère de Dieu, si tendre, si douce,  est là comme à nous dire : « Regarde Jésus, regarde-le bien ; En Lui et par Lui, le Seigneur fait briller sur toi son visage ; il se penche vers toi ; Oui, il tourne vers toi son visage, il t’apporte la paix. Même au plus fort de l’épreuve, n’oublie jamais que Jésus est là, te regarde et te porte sa paix. Et puis, moi, Marie, je prie pour toi maintenant et à l’heure de ta mort. Cette prière de la Mère de Dieu n’est-elle pas source de paix et de réconfort? »

Père Gilles Morin
Curé