1264 – 2014 … il y a 750 ans

 

« Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire … Que tous chantent des hymnes et des airs sacrés, non seulement en esprit et du fond de leur cœur mais aussi de bouche et de leurs lèvres. Que la foi s’épanche en bénédictions ! Que l’espérance bondisse de joie ! Que l’amour tressaille d’allégresse ! ». Ainsi s’exprimait le Pape Urbain IV en instituant la Fête-Dieu. C’était en 1264… il y a donc 750 ans.

 

Nous voici en 2014. L’Eglise ne cesse de s’émerveiller devant le mystère inouï de l’Eucharistie. Elle en vit. Elle exulte et chante. Oui, Jésus, “Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, est réellement présent “ avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde “. Les jeunes qui font solennellement leur Profession de foi en ce jour vont le proclamer, l’affirmer, nous le répéter. Dieu est vraiment présent au milieu de nous …? Quelle pure merveille ! Mais comment ? Simplement en esprit ? Uniquement par sa Parole ? En vérité, il s’agit de bien plus que cela : Sa présence n’est ni distante, ni désincarnée ; elle est on ne peut plus réelle ; elle est corporelle. Nos chants résonnent donc dans notre église et dans les rues de notre quartier : “Le voici le Corps très saint, le Corps livré, le Corps du Christ. Le voici le Sang précieux, le Sang versé, le Sang de Jésus. Adorons, louons, acclamons“.

 

Sans ce Corps et sans ce Sang, comment pourrions-nous être des vivants ? Si le monde tient, dit un spirituel de notre temps, c’est qu’il y a toujours entre la terre et le ciel, une Hostie qui se lève en même temps que le soleil.

 

Sommes-nous vraiment des vivants ? Pour répondre loyalement à cette question, interrogeons-nous sur la place concrète que nous accordons à l’eucharistie dans notre quotidien ? Faisons-nous vraiment corps avec elle ?

 

Il y a 750 ans, le pape Urbain IV lançait donc ces mots enthousiastes : « Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire… ». Aujourd’hui, notre pape François nous exhorte plutôt en ces termes : « Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises, certes,  mais sortent en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire… Qu’ils sortent chaque jour, tous les jours … Qu’ils sortent porter et montrer Jésus au monde »


Aujourd’hui, nous allons donc sortir. Aujourd’hui, nous allons porter solennellement le Corps du Christ jusqu’à la maison Sainte Germaine. Oui, aujourd’hui. Mais pourquoi ne pas le porter aussi au jour le jour à nos frères ? Comment, me direz-vous ? Si  le Corps de Jésus nous fascine, si nous l’adorons, si nous nous en nourrissons, nous serons davantage des icônes vivantes du Christ. Nos cœurs et nos corps, nos forces et nos vies seront toujours plus livrés à nos frères. Telles des “hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu“, nous serons autant de petits soleils pour ceux qui nous entourent ; des soleils faits de sourire, de bonté et d’amour.

 

Père Gilles Morin,

Curé