Non pas malhonnêteté mais habileté

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Ces paroles du Christ sont des plus claires. « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres, affirme Jésus : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ». Or nous sommes tous des domestiques, y compris les gouvernants et les puissants de ce monde. Tous, absolument tous, nous appartenons au Seigneur qui nous a créés et rachetés. L’expérience nous montre, hélas, trop souvent, que l’argent devient roi ! “Mammon” semble s’imposer tandis que Dieu est évacué et expulsé. C’est pourquoi l’apôtre Paul nous encourage à prier “pour tous les hommes, pour les chefs d’état et tous ceux qui exercent l’autorité”. Il est si difficile de ne pas se laisser piéger par “Mammon”, de ne pas glisser dans la malhonnêteté jusqu’à parfois escroquer voire écraser.

 

Que de fois la Parole de Dieu nous alerte ! que de fois elle nous invite à être sur nos gardes !

« Celui qui aime l’argent, affirme Ben Sirac le sage, n’échappe guère au péché, celui qui poursuit le gain se laisse fourvoyer. Beaucoup ont été victimes de l’or, leur ruine était inévitable» (Si 31, 5-6).

Quant à l’apôtre Paul, il n’hésite pas à dire que « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans nombre »  (1Tm 6,10).

 

Les saints et saintes de Dieu, eux-aussi, nous prêchent par leurs paroles et leur exemple.

Sainte Teresa de Calcutta qui vient d’être canonisée ne disait-elle pas à ses religieuses : « Quand on entre en contact avec l’argent, on perd le contact avec Dieu. Que Dieu nous en préserve. Mieux vaut la mort ! »

Nous nous souvenons aussi de la petite Bernadette Soubirous, de Lourdes, serrant dans ses bras sa sœur cadette Toinette en lui répétant : « Ne vous enrichissez pas ! Surtout, ne vous enrichissez pas ! »

 

Il y a donc bien un danger. Attention à ne pas nous égarer ni nous laisser enchaîner. “Mammon” rôde, tel un lion prêt à se jeter sur sa proie. Ne le laissons pas nous dévorer. Ne nous y trompons pas. Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus ne fait aucunement l’éloge de la malhonnêteté mais bien celui de l’habileté. Que notre argent et nos biens soient nos serviteurs et non nos dictateurs ! Qu’ils nous permettent d’ouvrir largement nos mains et notre cœur pour que, le jour où ils ne seront plus là – et ce  jour viendra-, des amis nous accueillent dans les demeures éternelles.

 

Père Gilles Morin,

Curé