S’approcher de Toi pour se reposer en Toi

 

Pauvre femme, elle a tout essayé ; rien n’y a fait. Elle traîne toujours son mal. L’Evangile précise qu’elle a des pertes de sang depuis douze ans. En désespoir de cause, “cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus“, se fraie un chemin à travers la foule. Elle ne vise rien d’époustouflant ni de solennel. Son objectif : toucher le vêtement de ce rabbi. Elle ne cherche aucunement à attirer les regards. Non, c’est une voleuse … une voleuse de miracles. Elle en a la technique : Pour voler, il faut approcher et toucher, se fondre dans la foule, venir par derrière, dérober sans que personne ne s’en rende compte, puis s’en retourner l’air de rien en conservant l’anonymat.

 

Reconnaissons qu’à l’exemple de cette femme, nous avons notre lot de misères physiques, morales ou spirituelles que nous traînons parfois depuis bon nombre d’années. Nous avons dans certains cas l’impression d’avoir tout tenté, mais vers qui sommes-nous allés ? Nous sommes-nous vraiment approchés de Jésus avec humilité et foi pour nous faire “voleur de grâces“ ?

 

Durant les mois de juillet et août, nous serons nombreux à quitter Paris pour nous approcher de la nature, de notre famille, de nos amis. Puissions-nous aussi nous approcher du Christ qui est là, toujours présent. Peut-être devrons-nous surmonter bien des obstacles pour parvenir à trouver une messe, à l’étranger ou dans nos campagnes. Il faudra pourtant tout tenter, rien ne devra nous arrêter. En vacances aussi, il faut prendre soin de notre âme. Les dangers ne manquent pas ; les relâchements spirituels nous menacent. N’oublions donc pas cette femme de l’Evangile ; elle a simplement touché le vêtement du Christ Sauveur et elle s’en est trouvée guérie. Dans l’Eucharistie, nous pouvons non seulement voir et toucher Jésus, mais aussi le manger. Alors, ayons la foi : nous obtiendrons de nombreuses grâces … et même des miracles ? … et nos vacances seront un temps de réfection de nos âmes, donc de notre être le plus profond. « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi » (Saint Augustin)

 

Père Gilles Morin

Curé

« Fluctuat nec mergitur »

 

Tout le monde connaît la devise de Paris que beaucoup traduisent par « Battu par les flots, il ne sombre pas » !

 

Ce pourrait être le thème de ce dimanche en raison des lectures que nous donne l’Eglise, mais aussi en raison de la démarche de Profession de Foi vécue par 14 jeunes de la Paroisse. On pourrait aussi s’en servir pour aider des fiancés ou des parents qui demandent le baptême et dans tant d’autres circonstances. Bref elle concerne tous les chrétiens !

 

Si nous regardons bien nos vies, nous conviendrons sans peine qu’elles ressemblent davantage à des tempêtes qu’à de paisibles lacs cristallins… Et pourtant, ne rêvons pas, c’est là que Dieu nous veut : nous n’y sommes pas par hasard ; il n’y a pas de hasard. Comme disait Bossuet « Ne parlons pas de hasard, ou parlons-en seulement comme d’un nom dont nous couvrons notre ignorance ».

 

Mais il se trouve que nous connaissons le nom de ce « hasard » ; il se nomme « Providence » et c’est Dieu. C’est lui, que nous le voulions ou non, qui gouverne toute chose et là où un regard incroyant ne fait que maudire les circonstances de sa vie, le fidèle, lui, reconnaît la main de Dieu.

 

C’est à la suite de Jésus que s’engagent tous les jeunes qui font Profession de Foi solennellement en cette fin d’année un peu partout dans leurs aumôneries ou paroisses. Ils montent ainsi dans la barque de leur vie et veulent, en assumant les promesses de leur baptême, faites autrefois par leurs parents, parrains et marraines, tenir pour la première fois le gouvernail de leur frêle esquif.

 

Rien ne sert de leur mentir en ce jour. Il faut qu’ils sachent qu’ils auront  bien des tempêtes à affronter, mais il faut aussi qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls à bord. Comme on le dit « Dieu seul maître à bord » mais ils ne sont pas seuls en cette aventure qui a commencé, il y a des compagnons de voyage sur qui ils peuvent compter. C’est cela l’Eglise, une grande famille embarquée pour une grande traversée -« allons sur l’autre rive » – qui doit nous mener à bon port, le port du salut de nos âmes et du bonheur éternel.

 

Aux meilleures heures, nous arriverons à croire que Jésus est à nos côtés et nous pourrons tenir bon. Aux moins bonnes, nous aurons peur et il faudra alors le réveiller pour ne pas couler. Mais il est toujours là ! Pour nous. Faisons-lui simplement confiance. Ecoutons Charles Peguy nous le dire.

 

Soyez donc enfin, soyez comme un homme
Qui est dans un bateau sur la rivière
Et qui ne rame pas tout le temps
Et qui quelquefois se laisse aller au fil de l’eau.

Ainsi vous et votre canot.
Laissez-vous aller quelquefois au fil du temps
Et laissez-vous entrer bravement
Sous l’arche du pont de la nuit.

 

Père Jean-Louis Gallet