Comment avoir l’esprit tranquille ?

 

Que dire de ces partisans d’Hérode et des disciples des pharisiens dont nous parle l’Evangile de ce dimanche ? Ils sont hypocrites, certes, mais ils ont raison. « Maître, lancent-ils à Jésus, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ». Mais alors, pourquoi ne l’écoutez-vous pas sincèrement ? pourquoi ne le suivez-vous pas loyalement ? Voulez-vous donc errer dans l’obscurité et passer à côté de Dieu ?

 

Que dire de nous, disciples du Christ ? Nous le savons, nous aussi : Jésus est le chemin, la vérité et la vie. « Il est le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : en dehors de lui, il n’y a pas de Dieu« . Nous l’avons accueilli au cœur de notre vie. Nous voulons l’annoncer et le proclamer. C’est un devoir ; c’est une exigence incontournable :  Malheur à nous si nous n’annonçons pas l’Evangile. Mercredi, nous fêterons liturgiquement le Saint pape Jean-Paul II, ce grand héraut de l’Evangile. Laissons résonner en nous son exhortation à la mission: « Nous ne pouvons avoir l’esprit tranquille en pensant aux millions de nos frères et sœurs, rachetés eux-aussi par le sang du Christ, qui vivent dans l’ignorance de l’amour de Dieu. Pour le chrétien individuel, comme pour l’Eglise entière, la cause missionnaire doit avoir la première place, car elle concerne le destin éternel des hommes ».

 

Vous le savez sans doute : ce dimanche, à Rome, aura lieu la béatification du pape Paul VI. En cette journée mondiale de la mission universelle de l’Eglise, nous pourrions prendre la résolution de lire l’une de ses encycliques, Evangelii Nuntiandi, promulguée au terme de l’année sainte 1975. C’est un texte magnifique, sur l’annonce de l’Evangile. Il reste d’une telle actualité. « La présentation du message évangélique n’est pas pour l’Eglise une contribution facultative, écrivait Paul VI : c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accommodation. C’est le salut des hommes qui est en cause. C’est la beauté de la Révélation qu’il représente. Il comporte une sagesse qui n’est pas de ce monde. Il est capable de susciter, par lui-même, la foi, une foi qui repose sur la puissance de Dieu. Il est la Vérité. Il mérite que l’apôtre y consacre tout son temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie ».

 

Sommes-nous véritablement des apôtres ? … Tous ? Quel temps, quelles énergies, quels sacrifices consacrons-nous à l’annonce de l’Evangile ? Encore une fois, ce n’est pas une dimension optionnelle de notre vie chrétienne ; c’est une exigence interne, un devoir pressant … pour nous tous.

 

Les papes se suivent : Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II, Benoît XVI. Tous sans exception ont rappelé cette exigence de la mission. Notre pape François s’inscrit nettement dans cette ligne. Il faut « sortir, proclamer, annoncer« , martèle-t-il. « Ne nous laissons pas voler la joie de l’Evangélisation », insiste-t-il. L’Evangile est pour tous. J’aurai à vous le rappeler avec une insistance particulière au moment de l’Avent 2014. Sur demande de notre archevêque et pour l’ensemble de notre diocèse, ce sera un temps fort de mission. Soyez-en sûrs par avance : Je ne vous laisserai pas tranquille parce que « nous ne pouvons avoir l’esprit tranquille en pensant aux millions de nos frères et sœurs, rachetés eux-aussi par le sang du Christ, qui vivent dans l’ignorance de l’amour de Dieu« … pas plus que nous ne pouvons donc avoir l’esprit tranquille en pensant à ceux qui nous sont plus proches, qui habitent dans notre quartier, et qui vivent trop souvent comme si Dieu n’existait pas ou ne les aimait pas à l’infini… Ils sont des milliers.

 

Père Gilles Morin, curé

Pas un Mc Do mais le Festin des noces de l’Agneau

 

C’est une habitude sympathique chez les jeunes du patro  que de se retrouver au Mc Do.  Après le match de football du samedi soir, au retour du stade et encore tout transpirants, attablés à engouffrer un Big Mac, un double cheese ou autres hamburgers de ce genre, ils partagent un moment de détente amical et  convivial. Il arrive, bien sûr, que l’un ou l’autre ait un empêchement et ne puisse y prendre part. La présence n’est ni obligatoire ni capitale ; il ne s’agit que d’un Mc Do.

 

Il arrive qu’un événement solennel marque la vie de l’un ou l’autre de ces jeunes : leur mariage, par exemple, ou leur engagement dans la Vie Religieuse comme ce fut le cas pour le Frère Damien. Quelle joie alors, après avoir lancé les invitations, de se voir entourer le jour « J » par sa famille et ses amis ! On exulte : ils sont là ; ils sont venus, ils ont répondu à l’invitation. Il y a de multiples visages, une foule de connaissances. Notre cœur vibre de toute part. Mais après ce premier mouvement, on remarque parfois que tel de nos meilleurs amis est absent, sans motif, sans même donner signe de vie … et ça fait vraiment mal. « Je comptais sur lui, j’espérais sa présence, et voilà qu’il m’a lâché et oublié en ce si grand jour. Ce n’était pas une simple invitation au Mc Do ; c’était mon mariage, ma consécration religieuse ; Mon ami, où étais -tu ? »

 

Le Seigneur Dieu nous invite et c’est prodigieux ! non point pour passer avec lui un bon temps du type soirée Mc Do, mais pour prendre part au festin des noces de l’Agneau. En son Fils, Jésus, « il a détruit la mort pour toujours« . Par sa mort et sa résurrection, il nous a rachetés, il nous a rendu la vie. En chaque messe, nous pouvons nous écrier : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions et il nous a sauvés : c’est lui le Seigneur… ».

 

Vous le savez, certaines églises de notre pays se vident et sont vides. Quel drame ! L’amour n’est pas aimé ; le Seigneur n’est pas écouté ; les invités ne sont pas intéressés. Notre église paroissiale N’EST PAS VIDE et nous en rendons grâce à Dieu. Pourquoi ? parce que vous voulez être véritablement les amis de l’époux, vous voulez vous laisser aimer et sauver, vous voulez répondre à l’Amour par l’amour. En chaque messe, le prêtre rappelle : « Heureux êtes-vous d’être invités au festin des noces de l’Agneau ». Quelle béatitude ! Le Seigneur nous attends et nous espère. Il compte sur nous alors qu’il s’offre pour nous. Il scrute notre église, il regarde chaque visage …et si nous ne sommes pas là … ça fait vraiment mal.

 

Père Gilles Morin, curé