Ils ne font qu’un

 

C’est un fait de l’histoire : Jamais la Tradition ne les a fêtés l’un sans l’autre.

Pierre était galiléen et pécheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade.

Paul était un juif de la Diaspora, de Tarse en Asie Mineure.

Tous deux ont vu leur vie bouleversée par la rencontre personnelle avec le Christ,  par l’irruption d’un homme qui leur a dit « Suis-moi« . Aussitôt, ils ont tout quitté pour répondre sans réserve à l’appel du Seigneur.

 

C’est encore un fait de l’histoire : Dès le second siècle, les fidèles se sont rendus à Rome pour voir et vénérer les trophées des apôtres Pierre et Paul (C’est-à-dire leur tombeau). Dans une polémique avec Proclus, membre de la secte hérétique montaniste, le prêtre romain Gaïus affirmait :  « Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d’Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Eglise ». Pierre et Paul sont ainsi à juste titre considérés comme colonnes de l’Eglise.

 

Ne séparons donc pas ceux que Dieu a unis :« Mais ces deux ne faisaient qu’un, écrit Saint Augustin : bien qu’ils aient souffert à des jours différents, ils ne faisaient qu’un. Pierre a précédé, Paul a suivi »

 

La solennité des apôtres Pierre et Paul est traditionnellement le jour privilégié pour les ordinations sacerdotales qui ont lieu dans nos différents diocèses. Hier, à Paris, 7 nouveaux prêtres nous ont été donnés.  Sept, oui … mais qui ne font qu’un … Ils sont un dans le sacerdoce, un dans leur vie offerte, un dans leur cœur de bon pasteur, un dans leur zèle à proclamer la Bonne Nouvelle du Salut. Sachons en rendre grâce à Dieu et les accompagner de nos prières.

 

Nombreux sont nos paroissiens qui vont partir cet été et se trouver confrontés à la pénurie de prêtres. Il leur sera parfois acrobatique de pouvoir trouver une messe lors de leurs pérégrinations ou tout simplement dans le cadre de leur village de province. Nous resterons pourtant membres d’une même Eglise, unis par le même baptême et le même désir de maintenir avec ferveur notre vie chrétienne. Toujours, oui toujours il nous faudra prier pour l’Eglise et pour les prêtres, pour qu’il y ait de nombreux et saints prêtres. Il y a une telle urgence, un si grand besoin. Durant cette période estivale, ne désertons pas nos églises, ne faisons pas faux bond aux prêtres … et encore moins à Notre Seigneur Jésus-Christ. Soyons là, de dimanche en dimanche … comme des colonnes solides, comme des piliers sur lesquels les prêtres peuvent compter et s’appuyer.

 

Saint Pierre et saint Paul , priez pour nous … priez pour que nous soyons vraiment enracinés dans la foi et témoins rayonnants de l’Evangile … toujours et partout … y compris cet été, là où nous serons. Alors, nous continuerons de ne faire qu’UN.

 

Père Gilles Morin,

Curé

1264 – 2014 … il y a 750 ans

 

« Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire … Que tous chantent des hymnes et des airs sacrés, non seulement en esprit et du fond de leur cœur mais aussi de bouche et de leurs lèvres. Que la foi s’épanche en bénédictions ! Que l’espérance bondisse de joie ! Que l’amour tressaille d’allégresse ! ». Ainsi s’exprimait le Pape Urbain IV en instituant la Fête-Dieu. C’était en 1264… il y a donc 750 ans.

 

Nous voici en 2014. L’Eglise ne cesse de s’émerveiller devant le mystère inouï de l’Eucharistie. Elle en vit. Elle exulte et chante. Oui, Jésus, « Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père« , est réellement présent «  avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde « . Les jeunes qui font solennellement leur Profession de foi en ce jour vont le proclamer, l’affirmer, nous le répéter. Dieu est vraiment présent au milieu de nous …? Quelle pure merveille ! Mais comment ? Simplement en esprit ? Uniquement par sa Parole ? En vérité, il s’agit de bien plus que cela : Sa présence n’est ni distante, ni désincarnée ; elle est on ne peut plus réelle ; elle est corporelle. Nos chants résonnent donc dans notre église et dans les rues de notre quartier : “Le voici le Corps très saint, le Corps livré, le Corps du Christ. Le voici le Sang précieux, le Sang versé, le Sang de Jésus. Adorons, louons, acclamons“.

 

Sans ce Corps et sans ce Sang, comment pourrions-nous être des vivants ? Si le monde tient, dit un spirituel de notre temps, c’est qu’il y a toujours entre la terre et le ciel, une Hostie qui se lève en même temps que le soleil.

 

Sommes-nous vraiment des vivants ? Pour répondre loyalement à cette question, interrogeons-nous sur la place concrète que nous accordons à l’eucharistie dans notre quotidien ? Faisons-nous vraiment corps avec elle ?

 

Il y a 750 ans, le pape Urbain IV lançait donc ces mots enthousiastes : « Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire… ». Aujourd’hui, notre pape François nous exhorte plutôt en ces termes : « Qu’en ce jour, des troupes de fidèles s’assemblent dans les églises, certes,  mais sortent en grand nombre et avec une ferveur extraordinaire… Qu’ils sortent chaque jour, tous les jours … Qu’ils sortent porter et montrer Jésus au monde »


Aujourd’hui, nous allons donc sortir. Aujourd’hui, nous allons porter solennellement le Corps du Christ jusqu’à la maison Sainte Germaine. Oui, aujourd’hui. Mais pourquoi ne pas le porter aussi au jour le jour à nos frères ? Comment, me direz-vous ? Si  le Corps de Jésus nous fascine, si nous l’adorons, si nous nous en nourrissons, nous serons davantage des icônes vivantes du Christ. Nos cœurs et nos corps, nos forces et nos vies seront toujours plus livrés à nos frères. Telles des “hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu“, nous serons autant de petits soleils pour ceux qui nous entourent ; des soleils faits de sourire, de bonté et d’amour.

 

Père Gilles Morin,

Curé