D’abord et avant tout : JESUS


Ils sont cinq : Raphaël, Thomas, Julie, Roxanne et Pierre. Ils ont entre 7 et 11 ans. En cette année de la foi, ce dimanche 30 juin, ils vont recevoir la grâce du baptême. De toute éternité, ils sont désirés de Dieu, ils sont appelés à devenir ses enfants. Leurs « Je crois » va résonner dans toute l’Eglise et nous pousser à raviver avec ferveur les promesses de notre baptême.

 

Ils sont six : Philippe, Pierre, Cyrille, Augustin, Camille et Pierre-Alain. Ils ont entre 28 et 43 ans. En cette année de la foi, ce samedi 29 juin, fête des apôtres Pierre et Paul, ils ont reçu l’onction sacerdotale des mains de notre archevêque le Cardinal André Vingt-Trois. De toute éternité et pour toute éternité, le Seigneur les a voulu prêtres de Jésus Christ. Au fond de leur cœur, ils ont laissé résonner en eux cet appel de leur Maître et Seigneur : « Suis-moi ». Selon leur histoire et chacun à son rythme, ils ont répondu : « Me voici ». Leur réponse suscite l’exultation de tout le peuple de Dieu ; leur ordination sacerdotale est une grâce pour toute l’Eglise.

 

La cohérence de la démarche baptismale devrait nous conduire à affirmer en toute vérité au Dieu d’Amour : « Je te suivrai partout où tu iras ». Il s’agit bien d’être à tel point ami et amoureux du Christ qu’on ne saurait que vouloir le suivre toujours et partout … jusqu’à la croix pour nous unir plus intimement à Lui, jusqu’à la mort pour ressusciter avec Lui à la plénitude de Sa Vie. Face à de telles perspectives, nous sommes pourtant portés à différer nos réponses, à les éluder et tergiverser, à les contourner voire même les repousser. Le Seigneur nous appelle sur une route exaltante mais ô combien exigeante. Tant de fois, nous lui lançons : « Permets-moi d’abord … Laisse-moi d’abord… ». Mais avec Jésus, le « d’abord« , ce devrait être Lui ; l’appel n’est pas pour demain mais pour aujourd’hui.

 

Toutes les âmes sont appelées à être plongées dans l’immense grâce du baptême. Pourtant, nombreuses sont celles qui s’en tiennent à distance par ignorance ou par négligence, par manque d’humilité ou par hostilité.

 

Certains baptisés, par un dessein mystérieux du Sauveur, sont appelés à être prêtres de Jésus-Christ. Pourtant, trop nombreux aussi sont ceux qui, se déclarant disciples du Sauveur, font la sourde oreille à ses appels et refusent subtilement de se donner totalement à Lui.

 

Samedi prochain, les enfants et les jeunes de nos patronages partiront en colonie. Par-delà une saine détente, ils vivront ce temps privilégié de leurs vacances avec Jésus. Ils ne manqueront pas de prier pour leurs bienfaiteurs, nombreux et si généreux, qui leur offrent en bonne part ce séjour. Les temps de prière au quotidien leur apprendront à ouvrir leur cœur à la voix du Seigneur. « Dieu, premier servi » : telle est la devise de la Sainte patronne de notre patronage « la Jeanne d’Arc de Vaugirard ». Autrement dit : d’abord et avant tout « Jésus ».

 

Dans les jours et semaines qui viennent, nombreux serez-vous à quitter Paris. Nous serons dispersés ; durant l’été, nous serons sollicités. Attractions et tentations ne manqueront pas. Nous nous efforcerons pourtant de donner priorité à Jésus. Nous nous réserverons des espaces et des temps de silence où Jésus nous redira « Suis-moi » et où nous lui répondrons :  » Tu es ma priorité des priorités. D’abord et avant tout, Toi Jésus « .

 

Père Gilles Morin
Curé

Une promesse, c’est sérieux !

 

Je la crois prête ; tel n’est pas son avis. Je ne le partage pas mais je le respecte. Pour moi, en effet, c’est une première. Dans mon ministère pastoral, il m’est arrivé parfois d’intervenir auprès de l’un ou l’autre jeune pour lui faire remarquer son incohérence (du moins apparente) à faire en toute vérité une profession solennelle de sa foi. Mais elle, cette jeune adolescente si régulière et si fervente,.. quelle surprise ! Sa décision ne peut être le reflet d’une démotivation chrétienne ou d’une tiédeur. C’est tout le contraire. Son aveu s’est fait les larmes aux yeux. Pour elle, promettre à Dieu de l’aimer plus que tout et de le suivre sans retour, c’est tellement grand, beau et sacré qu’on ne saurait s’y engager à la légère. Elle a réfléchi ; elle a mesuré les exigences d’un tel engagement. Elle ne se sent pas suffisamment prête ; elle préfère donc s’y préparer davantage pour vivre cet événement plus saintement.

 

Il nous arrive tant de fois de parler trop vite, de faire des promesses sans lendemain, de prononcer des paroles avec assurance tout en sous-estimant leur sens. Considérons ce qui nous est relaté dans l’Evangile de ce dimanche : une question est posée : « Vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » Pour tout catholique, la réponse paraît aujourd’hui  quasi-évidente : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Mais celui qui laisse jaillir de ses lèvres de tels mots doit bien mesurer les conséquences d’une telle profession de foi. Jésus est on ne peut plus clair : « Tu crois en moi, alors suis-moi,… Mais attention,  celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive ». C’est une manière de nous dire : « Si tu n’es pas prêt à me suivre jusque là, ne va pas proclamer de solennels « Je crois ». Comment pourrais-tu dire en toute vérité « Je crois » si tu n’es pas disposé à m’aimer jusque là ? »

 

L’apôtre Pierre a fait cette douloureuse expérience au soir de la Cène. De manière péremptoire et avec véhémence, il s’est insurgé contre Jésus : « Même si tous t’abandonnent, moi, jamais, je suis près à aller en prison et à la mort pour toi ». Nous connaissons la suite. Le lâche au triple reniement se reprendra, allant jusqu’à verser son sang pour son Seigneur et Maître, pour son ami et son intime.

 

Au cours de la messe de 11h15, ce dimanche, les jeunes qui font leur profession de foi chanteront de leur plus belle voix : « Devant tous je m’engage sur mon honneur et je te fais hommage de moi, Seigneur ». Ils ajouteront : « Je jure de te suivre en fier chrétien et tout entier je livre mon cœur au tien ». Puis ils s’écrieront : « Je veux t’aimer sans cesse de plus en plus ; Protège ma promesse, Seigneur Jésus ! ». Il s’agira bien, pour eux, de s’engager et de promettre. Puissent-ils ne pas prononcer ces mots à la légère. Toute l’assemblée sera ensuite invitée à reprendre d’une seule voix ce beau chant qui a marqué notre jeunesse. En cette année de la Foi, puissions-nous le chanter en vérité et raviver notre promesse.

 

Père Gilles Morin

Curé