Liberté, liberté

 

Il est providentiel ce retour au livre de la Genèse que nous offre la liturgie de ce dimanche. Il est tellement d’actualité.

« Homme et femme il les créa ». N’en déplaise aux tenants de la théorie du « gender », il y a bien, inscrit dans la nature par le créateur, une différenciation sexuelle. À moins de sombrer dans l’idéologie, comment nier l’évidence du masculin et du féminin ?

« L’homme …/… s’attachera à sa femme (non point à son homme), et tous deux ne feront plus qu’une seule chair ». Quoi que puissent en penser les partisans du « mariage » homosexuel, ce n’est point là une vision archaïque de la relation homme-femme appelée à se plier aux mutations de notre société. Cette affirmation est Parole de Dieu ; non point Parole d’un jour mais Parole de toujours ; Parole de vérité et de vie. Vouloir la contester ou s’en émanciper, c’est s’engager sur une voie mortifère pour l’avenir de notre pays.

En tant que citoyen responsable, fidèle à me rendre aux urnes à chaque élection, je revendique le droit de m’exprimer sur le projet de loi qui devrait être  présenté prochainement au Conseil des ministres. J’en ai même le devoir. Non, je ne me tairai pas ; je ne cesserai de m’élever contre la perspective du « mariage » homosexuel, de le contester, de revendiquer … revendiquer quoi ?  Tout simplement mon droit à la liberté. Peut-être m’accusera-t-on de propos discriminatoires. Peut-être encore cherchera-t-on à m’enfermer dans la catégorie des intolérants ou des ringards. Foutaises ! J’oserai braver le médiatiquement « correct » pour réaffirmer ce qui est tout à la fois vérité de Dieu et affirmation de simple bon sens. »Défendre la vie et la famille dans la société, rappelait récemment notre pape Benoît XVI, n’est en rien rétrograde, mais plutôt prophétique car cela revient à promouvoir des valeurs qui permettent le plein épanouissement de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nous avons là un véritable défi à relever ». Ce défi, je veux le relever. La famille restera toujours pour moi l’union stable d’un homme et d’une femme ouverte au don de la vie. Cette cellule de base de la société est trop belle et trop sacrée pour qu’on se permette de la dénaturer.

L’Eglise parle. Pourquoi chercher à la museler ? Pourquoi la caricaturer et, par dérision, tenter de la décrédibiliser ? N’aurait-elle pas droit à la parole, elle qui, selon la belle expression du pape Paul VI au lendemain du Concile Vatican II, est « experte en humanité ». Oui, elle parle en conformité à sa mission, pour le bien de l’humanité. « S’appuyant, dit-elle, sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas » .(Catéchisme de l’Eglise Catholique N°2357)

L’Eglise parle ; c’est son droit et son devoir. Se faisant l’écho du prophète Isaïe (5, 20) elle s’écrie :  » Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière des ténèbres, qui font de l’amer le doux et du doux l’amer ». Le péché doit être dénoncé comme tel, sans tergiverser. Le pécheur, lui, marqué par ses fragilités et ses infidélités, trouvera toujours en l’Eglise une tendre mère reflétant le cœur miséricordieux du Sauveur. « Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes, enseigne-t-elle, présentent des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste…. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique N° 2358).

« Liberté » : ce mot écrit sur le fronton de bon nombre de nos édifices ne vaudrait-il pas pour l’Eglise catholique et ses fidèles … et pour tant d’autres personnes qui ont le bon sens de considérer que le mariage doit rester, pour le bien de la société, l’union stable d’un homme et d’une femme, porteuse de générations futures ayant la joie de dire « papa » et « maman » ?

Liberté pour moi, liberté pour vous, liberté pour l’Eglise, liberté de proclamer la vérité.

 

Père Gilles Morin,

Curé

La fête et le drame

 

La fête était belle pour nous dimanche dernier. Dans un esprit de famille, nous avions accueilli les nouveaux arrivants sur la paroisse. Nous savourions les mets apportés par chacun. Nos cœurs étaient dilatés et notre communauté paroissiale exultait. Pourtant, à quelques rues de là, un cœur souffrait, un drame se jouait. Une femme d’environ quarante ans se défenestrait, s’écrasait sur le sol et mourait. Elle se prénommait Clotilde.

 

Je la connaissais un peu ; elle passait par période à la paroisse. Au premier contact, on se rendait compte qu’elle était psychiquement malade, souvent perturbée voire excitée. Elle s’arrêtait un instant à mon bureau, m’adressait quelques mots, puis s’en allait prier. Voilà près d’un an que je ne la voyais plus. Elle s’en est allé chercher le repos en Jésus, son compagnon de souffrance. Lui seul peut  l’ouvrir à la Vie éternelle, là où elle ne connaitra plus « ni pleurs, ni cris, ni larmes, ni douleur, mais la joie et la paix ».

 

L’Evangile de ce dimanche ne fait pas dans la demi-mesure ; il peut même nous paraître excessif :

« Si ta main t’entraîne au péché, nous dit-il, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes deux mains dans la géhenne …

Si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne …

Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le … « 

Sans nul doute, ce discours est exigeant mais reconnaissons qu’il est plein de bon sens. Il convient de le transposer à nos situations concrètes sans tergiverser ni l’édulcorer.

« Si telle relation amicale te mène à l’infidélité conjugale, coupe-la …

Si telle revue ou telle série télévisée émousse ton sens moral, supprime-la … etc … »

Franchir ce pas est le plus souvent éprouvant mais c’est une exigence vitale pour préserver notre âme. Il faut savoir se détacher pour s’élever.

 

Remarquons-le : Jésus parle de la main, du pied, de l’œil, … il ne mentionne ni la tête ni le cœur. On ne peut se couper la tête ni s’arracher le cœur sans, par le fait même, se donner la mort. Clotilde était malade dans sa tête, profondément troublée au fond de son cœur. Que faire ? Les personnes affectées de psychose ou frappées de grave dépression ont parfois l’impression qu’une telle question restera pour eux à jamais sans réponse ici-bas. Cette perspective insupportable les conduit alors à se jeter dans l’au-delà.

 

Pauvre Clotilde. Nous étions en fête ; tu vivais un drame. Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous assure qu’on ne doit pas désespérer du salut de ton âme (cf n° 2283). Il nous fait le devoir de prier pour toi. Nous le faisons bien volontiers. N’étais-tu pas notre voisine ? notre sœur ? …fille de l’Eglise par le baptême ? rachetée par le sang du Christ, … comme nous ? Puisses-tu, après tant de drames ici-bas, connaître la grande fête de l’au-delà.

 

Père Gilles Morin,

Curé