Compte à rebours pour l’Atterrissage

Qu’il serait beau si nous approchions de Noël dans la dynamique d’un compte à rebours. Nous imaginons la tension dans la salle de commande peu avant l’envoi d’une fusée dans l’espace. 10 ; 9 ; 8 ; 7… Les ingénieurs et spécialistes se sont préparés et ont tant attendu ce moment fabuleux. 3 ; 2 ; 1 ; Zéro. Au décollage de l’engin spatial, c’est une explosion de joie. Tous les regards, admiratifs, en oublient ne serait-ce qu’un instant les ordinateurs et leurs donnés pour se river sur la fusée qui s’élève majestueusement.

 

Nous en sommes à J – 7.  Oui, dans une semaine, jour pour jour, ce sera la solennité de la Nativité du Seigneur. Demain, J – 6. Après-demain, J – 5. Nous nous apprêtons ; les invitations sont lancées ; les cadeaux sont envisagés et sans doute le plus souvent déjà achetés ; pour certains, le menu du réveillon est imprimé et commandé. La logistique est donc bien en place, du moins pour ceux qui en ont les moyens. Les jours continuent de s’écouler redoublant notre impatience. J – 2 ; J – 1 … Et ce sera l’explosion de joie : « Noël ; c’est Noël ».

 

Mais attention ! quelle explosion de joie ? Ils ne manqueront pas ceux qui se comporteront comme des informaticiens ne décrochant pas de leurs donnés mathématiques sans même admirer le décollage de la fusée. Ils seront nombreux, trop nombreux, ceux qui resteront rivés à leurs cadeaux et à leur bonne table sans même tourner leur regard non point vers un décollage mais vers l’Atterrissage par excellence : celui de l’Emmanuel, Dieu avec nous ; celui de Jésus Sauveur.

 

Vous connaissez sans doute ce proverbe chinois qui dit : « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ». Les cadeaux, les invités, le repas, la fête … sont comme le doigt. Pourquoi tout cela ? Que nous montrent-ils ? Qui nous désignent-ils ? L’Enfant-Dieu qui sera déposé dans la crèche à Noël. Cette nuit-là, ne soyons pas idiots ; comportons-nous comme des sages.

 

Bien sûr, par-delà les préparatifs logistiques de nos festivités, durant l’Avent nous apprêtons nos cœurs pour l’accueil du Sauveur. Tout se met en place : une prière plus fervente au quotidien, une vie eucharistique intensifiée, plus d’adoration, une bonne confession, une vraie réconciliation, une attention plus grande à nos frères les plus isolés et les plus éprouvés, plus de service et de partage etc … Nous en sommes à J – 7. Nous sommes tellement impatients d’arriver à ce grand moment de la Nativité pour pouvoir admirer comme des sages l’unique Sauveur du monde, hier, aujourd’hui et à jamais. Oui, nous sommes tellement impatients de pouvoir nous écrier, dans une explosion de joie : c’est Noël.

 

Père Gilles Morin

Curé

C’est si beau, tant de blanc

 

C’est encore Jean, le Baptiste, qui se présente à nous en ce troisième dimanche de l’Avent. Il est ce « prophète du Très-Haut qui marche devant, à la face du Seigneur, pour préparer ses chemins ». Son nom signifie : « Dieu fait grâce ». C’est donc sous son regard et stimulé par son exemple que nos servants d’autel vont recevoir, des mains de Mgr. Eric de Moulins-Beaufort, la croix, signe de leur attachement au Christ et de leur désir de l’aimer, de le servir et de le suivre jusqu’au bout.

 

Je vous l’avoue : le groupe de nos clercs fait ma fierté. Je pense qu’il fait aussi la vôtre. Il nous faut en rendre grâce à Dieu. Il nous faut tressaillir de joie, avec eux et comme eux.

 

Chaque dimanche, et même en semaine, nos servants entrent à la sacristie. Ils revêtent leur aube, « manteau de l’innocence », « vêtement du salut », rappel et signe de la grâce de leur baptême. Voilà qui implique de laisser résonner en eux cette exhortation de l’apôtre Paul : « Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal ». Ce vêtement doit être l’expression de ce qu’ils portent dans leur cœur, à savoir de « garder parfaits et sans reproches leur esprit, leur âme et leur corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ ». Ils le savent donc, tant je leur ai répété : pas question de mettre leur aube s’ils ne sont pas en état de communier, s’ils ont conscience d’avoir commis un péché grave. Une bonne confession s’impose alors au préalable.

 

Les voilà donc, nos servants, en procession pour l’entrée dans l’église. Ils marchent devant, à la face du Seigneur ; ils ouvrent le chemin. Si vous alliez vers chacun d’eux en l’interrogeant : « Qui es-tu ? Est-ce toi que nous attendons, toi qui va célébrer, toi qui va nous sanctifier ? » Tous vous répondraient : « Ce n’est pas moi ; c’est lui qui vient derrière moi et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale » Et se retournant, ils vous montreraient le prêtre en ajoutant : « C’est lui, l’alter Christus. Je ne suis que son petit serviteur ».

 

Je vous le redis : Nos clercs ont un beau cœur, ils ont de la ferveur, ils se veulent serviteurs. À l’approche de Noël, nous pensons déjà à ce signe donné par l’ange aux bergers : « Vous trouverez un enfant emmailloté, couché dans une crèche ». Chaque dimanche, nous venons à l’église pour la messe. Nos servants d’autel sont un peu comme ces langes blancs qui entourent le petit enfant, cet Enfant-Dieu qui descend sur l’autel pour être notre nourriture pour la vie éternelle. C’est tellement beau, tant de blanc ! Notre monde et parfois nos vies sont si assombries. C’est si beau de voir tant de servants … une si belle jeunesse …Alors, tressaillons de joie et rendons grâce à Dieu.

 

Père Gilles Morin

Curé