« Silence et Parole : chemin d’évangélisation »

 

Tel est le thème de cette 46ème journée mondiale des communications sociales. En cette occasion, notre pape Benoît XVI nous livre une belle réflexion dont je vous donne ici de larges extraits. Puissent-ils éveiller en vous le désir de lire l’ensemble de ce texte et de le méditer ! Que la parole de notre Saint-Père approfondie dans le silence nous aide à instaurer dans notre vie « une atmosphère propice, comme une sorte d’ « écosystème » qui sache équilibrer silence, parole, images et sons« .

 

« …/… Le silence fait partie intégrante de la communication et sans lui aucune parole riche de sens ne peut exister. Dans le silence nous écoutons et nous nous connaissons mieux nous-mêmes ; dans le silence, la pensée naît et s’approfondit, nous comprenons avec une plus grande clarté ce que nous voulons dire ou ce que nous attendons de l’autre, nous choisissons comment nous exprimer. Se taire permet à l’autre personne de parler, de s’exprimer elle-même, et à nous de ne pas rester, sans une utile confrontation, seulement attachés à nos paroles ou à nos idées. Ainsi s’ouvre un espace d’écoute mutuelle et une relation humaine plus profonde devient possible…/…

 

Là où les messages et l’information sont abondants, le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire…/…Les moteurs de recherche et les réseaux sociaux sont le point de départ de la communication pour beaucoup de personnes qui cherchent des conseils, des suggestions, des informations, ou des réponses. De nos jours, internet devient toujours plus le lieu des questions et des réponses …/… Ce flux incessant de questions manifeste, au fond, l’inquiétude de l’être humain toujours à la recherche de vérités, petites ou grandes, qui donnent un sens et une espérance à l’existence. L’homme ne peut se contenter d’un simple et tolérant échange d’opinions sceptiques et d’expériences de vie : tous, nous sommes des chercheurs de vérité et partageons ce profond désir …/…


Dans le silence de la Croix, l’éloquence de l’amour de Dieu vécu jusqu’au don suprême, parle…/…Si Dieu parle à l’homme aussi dans le silence, de même l’homme découvre dans le silence la possibilité de parler avec Dieu et de Dieu. Nous avons besoin de ce silence qui devient contemplation et qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice. Pour parler de la grandeur de Dieu, notre langage se révèle toujours inadéquat et ainsi s’ouvre l’espace de la contemplation silencieuse. De cette contemplation naît dans toute sa force intérieure l’urgence de la mission, la nécessité impérieuse  » de communiquer ce que nous avons vu et entendu « , pour que tous soient en communion avec Dieu (cf. 1 Jn 1,3). La contemplation silencieuse nous immerge dans la source de l’Amour, qui nous conduit vers notre prochain, pour sentir sa douleur et lui offrir la lumière du Christ, son Message de vie, son don d’amour total qui sauve. »

 

Père Gilles Morin

Curé

Le commandement

 

Je voudrais aujourd’hui m’adresser à vous comme l’apôtre Jean pour vous dire : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu ». La tradition a affirmé que jusqu’au soir de sa vie, ce fut là son leitmotiv, à tel point que l’on pensait qu’il radotait. Ainsi le  font parfois certaines personnes âgées, comme sans doute je le ferai moi-même au fil des ans si Dieu me prête vie. En fait, Jean répétait … là encore, comme le font nos anciens qui, muris par l’expérience, savent ce qui est le plus important. Or quoi de plus essentiel que d’aimer. Ce n’est pas une option facultative mais un impératif. Le Seigneur Jésus l’enseigne lui-même avec gravité et insistance : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour …Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Ce n’est point là un simple conseil, c’est un commandement. « Ce que je vous commande, martèle Jésus, c’est de vous aimer les uns les autres ». Alors surtout, aimons-nous, … aimons-nous en toute vérité … aimons-nous non à la manière du monde mais COMME Jésus nous a aimés.

 

Aujourd’hui, notre paroisse est en pèlerinage à Notre-Dame de Bonne-Garde, à Longpont. Elle va vivre ce temps fort en compagnie et sous le regarde de Jeanne d’Arc, à l’occasion du 6ème centenaire de sa naissance. « Tout ce que j’ai fait, disait la sainte de la patrie, je l’ai fait par le commandement de Dieu ». Jeanne ne connaissait ni « a » ni « b » – elle l’a affirmé –  mais elle savait qu’il faut aimer puisque tel est LE commandement de Dieu.  Elle a donc aimé jusqu’au bout, jusqu’à être brulée vive et ainsi donner sa vie. Son cœur pourtant, rougi par les flammes, ne put être consumé malgré les efforts répétés de son bourreau. Jeanne est donc là à nous dire, au diapason du Christ : « Il faut aimer. Tu as un cœur ; rien ni personne ne doit pouvoir l’empêcher de battre, t’empêcher d’aimer. C’est vital pour ton bonheur et celui de tes frères. C’est LE commandement du Seigneur ».

 

Ces derniers jours, une jeune maman me relatait ce fait de sa vie familiale. Sa petite Eloïse, à peine 6 ans, s’était approché d’elle, au bord des larmes, pour lui avouer : « Maman, je suis toute triste parce que j’aime Jésus et Marie plus que papa et toi ». C’était pour elle un douloureux cas de conscience qui doit susciter notre émerveillement. Que répondre à cette petite ? « Mais non, Eloïse, il ne faut surtout pas verser des larmes. Au contraire, sois dans la joie. Plus tu aimeras Jésus et Marie, plus ton amour sera grand pour ton papa et ta maman ».

 

Aimer nécessite bien des combats. Jeanne allait à la bataille avec un fanion qui portait les noms « Jésus-Marie ». Plus nous les aimerons et plus nous serons à même d’aimer notre pays, nos frères, tous nos frères … et de remporter ainsi la grande victoire : celle de l’amour. Aimer comme Jésus nous aime : quelle merveille ! C’est un impératif vital ! Sur ce chemin et dans nos combats, que la vierge Marie nous soit Notre-Dame de Bonne Garde

 

Père Gilles Morin

Curé