Son jour de gloire viendra : celui de notre Roi

 

Nos évêques étaient réunis en assemblée plénière à Lourdes du 4 au 9 novembre. Ce sont nos pasteurs ; ils connaissent leurs brebis et savent combien elles sont malmenées et profondément blessées en cette période où le Christ est, une fois de plus, objet de sarcasme et de dérision. Aujourd’hui comme hier … aujourd’hui comme jadis … aujourd’hui comme demain encore, le voilà moqué, ridiculisé, caricaturé, et insulté.  « Deux spectacles, différents dans leur intention et dans leur réalisation, ont suscité un vif émoi parmi les chrétiens…/… » souligne le Cardinal André Vingt-Trois dans son discours de clôture de cette assemblée. « Certaines œuvres, ajoute-t-il, sont provocantes et leurs provocations blessent bon nombre de spectateurs, chrétiens ou non…/… L’indifférence, l’incompréhension, la méconnaissance ou le rejet qui s’expriment à l’égard du Christ et de la foi nous touchent tous dans notre amour du Seigneur et notre amour des hommes. Cette blessure ne doit pas et ne peut pas se transformer en violence verbale, et moins encore physique. Elle doit nourrir notre prière, prière personnelle et prière communautaire. Elle doit motiver notre désir de faire connaître le vrai visage du Christ, tel qu’il s’est révélé dans sa Passion et sa crucifixion…/… Sur la croix, il a prié pour ses bourreaux. Suivons donc son exemple et prions pour ceux qui ne le reconnaissent pas ou qui le maltraitent et pour ceux qui sont blessés dans leur amour pour lui. C’est ainsi que nous communions au Christ. »


Jésus est Roi, le Roi de l’univers. Telle est l’affirmation de la solennité de ce jour. Les artistes peuvent toujours le tourner en ridicule au diapason des soldats qui riait de lui en le couronnant d’épines « Salut roi des juifs ! » …ou tels encore ces passants qui, au calvaire, l’injuriait et lui lançait « Si tu es le fils de Dieu, sauve-toi toi-même et descend de la croix ». Il n’en demeure pas moins que Celui qui a été élevé sur la croix pour le salut du monde EST le Roi du monde. Par-delà sa vulnérabilité humaine, il y a bien sa Royauté divine, et on ne se moque pas impunément du Roi. Son jour viendra, nous rappelle l’Evangile de ce dimanche, et  ce jour-là, nous verrons Jésus siéger sur son trône de gloire.

 

Ce jour sera pour nous : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais nu … qu’as-tu fait ? » nous demandera le Christ. Mais aussi : « J’étais raillé, moqué, insulté, bafoué … es-tu resté indifférent et passif ? As-tu détourné ton visage ? J’étais comme livré à nouveau à la foule, à la dérision de pseudo-artistes et personnalités médiatiques. Ils étaient là à rire et comme à crier  » à mort, à mort ! « . As-tu été bouleversé ? Es-tu resté muet ou bien as-tu proclamé que tu m’aimes ? »


Ce jour sera pour tous, pour les puissants de ce monde comme pour les plus ignorés, pour ceux qui vénèrent Jésus comme pour ceux qui l’abhorrent. Oui, ce jour sera pour tous, y compris pour ceux qui s’en prennent au Christ. Les aurons-nous avertis ? Ils étaient sur des chemins de mort ; leur aurons-nous montré Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ? Ils se perdaient ; aurons-nous prié pour leur salut. En tout cas, notre Cardinal nous invite à le faire.

 

Père Gilles Morin

Curé

« Bourrées de talents »

 

Le Seigneur a été prodigue envers elles. Nous en faisons chaque jour l’expérience. Elles sont pétries de talents et, le plus souvent, elles se plaisent à les faire fructifier : Tendresse, finesse et délicatesse …  Attention, affection et compréhension … piété, bonté et générosité … Que dire lorsque, de plus, elles sont vaillantes, ardentes et prévenantes. Elles … ce sont les femmes, bien sûr. Je ne prétends aucunement qu’elles soient parfaites. Elles ont sans nul doute leurs fragilités et leurs limites que je n’oserais lister de peur de les froisser. Mais qui n’en a point ? Les talents qu’elles cultivent et développent sous nos yeux éclairent notre vie, font battre nos cœurs et irradient notre quotidien. Le jeune homme épris de sa bien-aimée le sait bien. A-t-il trouvé une femme vaillante et pleine de sagesse ? Son cœur s’embrase ; il quitte tout pour acquérir cette perle de grand prix ; il sait qu’il y va de son bonheur.

 

La Femme par excellence, c’est la Vierge Marie. Le Père Le Prevost, fondateur de notre Congrégation des Religieux de Saint Vincent-de-Paul, écrivait ces belles lignes : « Vous le sentez comme moi, cher ami ; la Sainte Vierge, dans notre foi si sainte et si parfaite, c’est la mère dans la famille ; n’est-ce pas tout dire ? Retirez la mère de la famille, le feu s’éteint au foyer, les biens qui nous restent sont décomplétés et perdent presque tout leur prix ».

 

Lançons-nous dans une paraphrase : « Vous le savez comme moi, chers amis ; les femmes, dans l’Eglise, c’est comme autant de maman dans une famille ; n’est-ce pas tout dire ? Retirez les femmes dans l’Eglise, le feu s’éteint au foyer, tout se ternit et s’assombrit. Que reste-t-il, ou plutôt qui reste-t-il ? ». Nous le savons, nous le voyons. Elles sont les plus nombreuses dans nos assemblées, les plus engagées dans les multiples mouvements et services d’Eglise. Qui oserait sérieusement prétendre qu’elles n’ont pas leur place au sein de nos communautés chrétiennes ? Sans les femmes, il n’y aurait plus de vie dans notre monde ; sans elles, que resterait-il de vie dans l’Eglise ?

 

Elles n’accèdent pas au sacerdoce, certes. En son temps, le pape Jean-Paul II avait rappelé que l’Eglise ne se croyait pas autorisée à changer ce que le Christ avait lui-même institué. Il n’en demeure pas moins que la Parole de Dieu et l’histoire du christianisme sont riches de leçons et nous montrent l’immense fécondité de leurs talents déployés. N’est-ce pas une femme, Marie, qui enfanta le Sauveur du monde ? Ne sont-ce pas des femmes qui, à l’encontre de la lâcheté de ces hommes, intimes de Jésus, allèrent jusqu’au Golgotha telles autant de « mères courage » ? N’est-ce pas encore une femme, Marie-Madeleine, qui mérita le titre d’apôtre des apôtres et fut la première messagère de la résurrection ?

 

Ô femmes vaillantes et remplies de sagesse, que serions-nous sans vous ? Que seraient l’Eglise et notre monde sans vos talents qui façonnent notre  humanité et irradient notre quotidien ? Vous êtes infiniment plus précieuses que les perles. Permettez-nous aujourd’hui, sincèrement et avec reconnaissance, de faire votre éloge.

 

Père Gilles Morin

Curé