Nos grands absents de ce dimanche

Entraîné par l’esprit sur une grande et haute montagne, l’apôtre Jean voit la cité sainte, la Jérusalem qui descend du ciel, d’auprès de Dieu. Elle resplendissait de gloire. Qu’elle était belle, toute illuminée par l’Agneau ! Chaque célébration eucharistique, par la puissance de l’Esprit-Saint, fait descendre le ciel sur nos autels. Nos âmes sont en présence de celui qui est Lumière. Nous sommes illuminés et habités par l’Agneau. On comprend dès lors le soin qu’il faut porter à la liturgie. Sa beauté doit nous faire pressentir celle qui nous attend dans la gloire.

 

Les conclusions de notre seconde assemblée paroissiale sont unanimes : nos célébrations eucharistiques sont embellies par la présence nombreuse et l’attitude  recueillie de nos servants de messe. Il nous faut en rendre grâce à Dieu. Ce dimanche, ils seront les grands absents de Notre-Dame de Nazareth ; ils seront en pèlerinage à Ars. Vous devinez l’importance de cette démarche et la joie qui les habite.

 

A l’occasion du Jeudi Saint 2004, le pape Jean-Paul II avait adressé une lettre aux prêtres qui m’avait beaucoup marqué.  « Les prêtres amoureux de l’Eucharistie, écrivait-il, sont en mesure de communiquer aux enfants et aux jeunes « l’admiration eucharistique ». Ce sont eux en général qui les attirent de cette façon sur la voie du sacerdoce, comme pourrait le montrer utilement l’histoire de notre propre vocation. C’est précisément à cette lumière, chers Frères prêtres, qu’il faut privilégier, à côté d’autres initiatives, le soin des servants d’autel, qui constituent comme un « vivier » de vocations sacerdotales. Le groupe des servants d’autel, bien accompagné par vous au sein de la communauté paroissiale, peut parcourir un vrai chemin de croissance chrétienne, formant quasiment une sorte de pré-séminaire. Éduquez la paroisse, famille de familles, à voir dans les servants d’autel ses propres enfants comme «des fils autour de la table» du Christ, Pain de vie (cf. Ps 127, 3)…/…

Et le Pape Jean-Paul II, poursuivait : « Suivez avec une profonde sollicitude le groupe des servants d’autel pour que, par le service de l’autel, chacun d’eux apprenne à aimer toujours plus le Seigneur Jésus, le reconnaisse réellement présent dans l’Eucharistie et goûte la beauté de la liturgie…/… Quand les enfants et les adolescents accomplissent leur service à l’autel avec joie et enthousiasme, ils offrent aux jeunes de leur âge un témoignage éloquent sur l’importance et la beauté de l’Eucharistie…/… N’oubliez pas que vous êtes, vous, les premiers « apôtres » de Jésus Souverain Prêtre : votre témoignage compte plus que tout autre moyen ou que toute autre assistance. Dans une participation régulière aux célébrations du dimanche et des jours de fête, les servants d’autel vous rencontrent, par vos mains ils voient « se faire » l’Eucharistie, sur votre visage ils lisent le reflet du Mystère, dans votre cœur ils devinent l’appel à un amour plus grand. Soyez pour eux des pères, des maîtres et des témoins de la piété eucharistique et de la sainteté de vie ! »

Priez pour nos servants d’autel ; voyez en eux vos propres enfants comme des fils autour de la table du Christ ; priez aussi pour vos prêtres afin qu’ils vivent pleinement et reflètent saintement le mystère eucharistique qu’ils célèbrent.

Père Gilles Morin

Curé

Que faites-vous ? Que faisons-nous ?

Il y a 3 ou 4 ans, j’étais en entretien téléphonique avec une femme dans l’épreuve. Elle venait de perdre son papa et demandait une cérémonie d’obsèques religieuses en notre paroisse. Elle habitait le quartier mais ne connaissait pas notre église dans laquelle, visiblement, elle n’avait jamais pénétré. Elle avait une idée bien arrêtée du jour et de l’heure de la célébration. Je ne pouvais, hélas ! répondre favorablement à son attente. J’avais beau lui répéter que nos deux autres prêtres étaient en retraite spirituelle, que j’étais donc seul à la paroisse et déjà pris par un rendez-vous important, elle n’écoutait pas, elle ne comprenait pas. Sous le coup de la douleur, elle revendiquait son droit à avoir un prêtre et se lamentait devant la difficulté à en trouver un à sa disposition. Je pris sur moi pour garder la délicatesse et l’écoute qui s’imposent en de telles circonstances douloureuses, mais je dois vous avouer que je me retenais pour ne pas lui lancer : « Madame, vous vous plaignez du manque de prêtres, mais qu’avez-vous fait pour en avoir ? Avez-vous prié ? Avez-vous désiré en voir se lever autour de vous et chez vous, parmi vos enfants, dans votre propre famille ? Oui, qu’avez-vous fait ? ». Grâce à Dieu, la conversation avec cette femme évolua et la célébration pour son papa se déroula au mieux.

 

Nombreux sont ceux qui gémissent sur le fait qu’il n’y a presque plus de Sœurs ou de Frères dans les écoles catholiques, qu’on n’en rencontre plus guère dans les hôpitaux ni dans le monde de la santé, qu’il est si dommage de  voir tant de maisons religieuses fermer et tant de congrégations s’effondrer. Là encore, il serait légitime de lancer : « Mais qu’avez-vous fait ? Avez-vous prié ? Avez-vous élevé vos enfants dans un climat permettant l’éveil et l’épanouissement d’une éventuelle vocation ? »

 

C’était il y a une vingtaine d’années, lors de ma première nomination à N.D. de Nazareth, un dimanche des vocations. J’avais assuré la prédication sur ce thème qui me tient particulièrement à cœur.  Á la sortie de l’une des messes dominicales, un père de famille nombreuse me fit remarquer avec un grand bon sens : « Mais Père, pour qu’il y ait des vocations, il faut des Pères et Frères qui donnent envie de l’être ». C’est justement l’accent mis par notre pape Benoît XVI dans son message à l’occasion de cette journée mondiale de prière pour les vocations. Il y rappelle l’impact de l’exemple, du témoignage, du rayonnement et de la fidélité des prêtres et des personnes consacrées, comme étant à même de susciter des vocations. La question nous est donc renvoyée à nous, Religieux de Saint Vincent de Paul, et à tous ceux qui sont entièrement donnés au Seigneur : « Mais qu’avons-nous fait ? Avons-nous prié ? Avons-nous témoigné de la joie de notre consécration ? Avons-nous rayonné de la lumière du Christ, le grand amour de notre vie ? Nous sommes-nous sanctifiés ?… Oui, qu’avons-nous fait ? »

 

Tout en priant pour que se lève de belles et nombreuses vocations, n’oubliez pas de prier aussi pour les prêtres, religieux, religieuses et personnes consacrées, particulièrement ceux que vous connaissez. Que votre soutien spirituel leur soit une force pour qu’ils vivent toujours dans une plus grande sainteté.

 

 

Père Gilles Morin

Curé