Poussés par le vent pour porter le Feu de l’amour

Comme les années précédentes, j’irai sans doute passer quelques jours du mois d’août dans ma chère Bretagne. Elle est si belle, sans chauvinisme aucun. J’aime me promener sur la plage ou m’asseoir face à la mer pour contempler son immensité, respirer son air tonifiant et me laisser bercer par le roulis des vagues. Il m’arrive d’admirer ces véliplanchistes qui filent sur l’eau avec grande aisance. Debout sur leur planche à voile, ils sont poussés par le vent. Il en est d’autres qui ont bien du mal à maintenir leur équilibre malgré de multiples tentatives pour y parvenir. Ils tombent et retombent. On les voit plus souvent dans l’eau, accrochés à leur planche, que sur elle à glisser sur l’océan. Pour des spécialistes, c’est pourtant si facile. Tant que la voile est déployée et bien orientée, il suffit, avec souplesse, de laisser le vent s’y engouffrer.
Pourquoi, malgré nos multiples efforts, sommes-nous si souvent à l’eau, immergés dans nos soucis, submergés par l’immensité des flots de notre monde, mais  replongeant et replongeant encore ? C’est que nous avons du mal à déployer la voile de notre cœur et à bien l’orienter pour que s’y engouffre l’Esprit-Saint. Lui souffle ; il souffle toujours ; c’est une certitude. N’est-il pas Celui qui est “Seigneur et qui donne la vie”. Mais voulons-nous, avec souplesse, aller là où il veut nous mener… comme il le veut… quand il le veut ?

Tout récemment, dans notre quartier, rue Modigliani, un hall d’immeuble a brûlé. Quelqu’un d’irresponsable ou de mal intentionné a mis le feu dans le local à poubelles. La flamme de départ a tout embrasé. Une fumée âcre s’est élevée. Grâce à l’intervention des pompiers, le pire a été évité. Il suffit en effet d’une étincelle pour déclencher un incendie, il suffit d’une flammèche pour provoquer un immense embrasement.
Ah ! si nous étions comme autant de petites flammes qui portent le feu au monde, non pour l’anéantir mais pour le faire vivre, non pour le calciner mais pour l’illuminer, tout serait tellement plus radieux. On respirerait à pleins poumons la bonne odeur de l’Amour “qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint”.

En cette solennité de la Pentecôte, la parole de Dieu nous présente l’Esprit-Saint sous les signes du vent et du feu : « Il vint du ciel, nous dit-on, un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent » et les apôtres « virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux ». Les jeunes et les adultes qui sont Confirmés vont vivre leur Pentecôte. Puissent-ils être comme de talentueux véliplanchistes qui glissent sur l’océan de notre monde ; puissent-ils être comme autant de flammèches qui lui portent la lumière et le feu de l’Amour. Puissions-nous l’être, nous aussi et nous tous qui sommes confirmés.

Père Gilles Morin
Curé