L’ avant de l’Avent

 

Elle est belle et majestueuse. Elle est riche d’histoire et de symboles ; elle nous appelle. Plusieurs d’entre vous l’ont déjà visitée. L’inscription de son portail la définit en ces termes : « Mère et tête de toutes les églises ». La basilique du Latran dont nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la dédicace est la cathédrale du pape en tant qu’il est évêque de Rome. C’est la plus ancienne et la première en dignité de toutes les églises d’Occident. Consacrée d’abord sous le titre de basilique du Saint-Sauveur, cette église fut ensuite dédiée aux saints Jean Baptiste et Jean l’Évangéliste. Elle possède le plus ancien baptistère de la Ville éternelle : une vraie merveille. Dans les premiers siècles, les fidèles convertis venaient y recevoir le baptême par milliers, surtout pendant les nuits pascales. C’est ainsi qu’elle a gardé le titre de Saint Jean-de-Latran.

 

L’anniversaire de cette basilique nous renvoie à la grâce de notre régénération baptismale. Sur l’architrave qui domine la cuve baptismale sont inscrits ces mots  à ne jamais oublier : « C’est dans l’eau que Notre Mère l’Église, dans un accouchement virginal, met au monde ceux qu’elle a conçus par l’œuvre de l’Esprit divin. Vous qui êtes nés à cette source, vivez dans l’espérance du royaume des cieux ». L’apôtre Paul nous invite aujourd’hui à en bien garder mémoire : « N’oubliez pas − nous rappelle-il − que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ».

 

La fête de la dédicace de cette basilique nous réaffirme aussi qu’en tant que membres vivants de notre paroisse, nous sommes tous responsables de ce que celle-ci − à l’image de l’Église-mère − engendre à son tour de nouveaux enfants, en sortant de ses murs et de son enceinte, en allant “jusqu’aux périphéries”, en portant donc à tous la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Depuis Rome, c’est comme si s’élevait encore de cette basilique les voix des deux Jean :

  • celle du Baptiste, persistant à nous exhorter : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » ; désignez Jésus, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».
  • celle de l’Évangéliste, nous pressant à témoigner : « Ce que vous avez entendu, ce que nous avez vu de vos yeux, ce que vous avons contemplé, ce que vos mains ont touché du Verbe de vie … annoncez-le » (cf 1Jn 1,3)

 

Nous approchons du temps de l’Avent. Nous tous qui avons été baptisés dans le Christ, préparons-nous à la mission d’évangélisation qui va marquer d’une manière spéciale l’ensemble de notre Église diocésaine. Allons-nous nous y engager très concrètement ? Va-t-elle nous passionner, nous pousser, nous faire bouger ? Aurons-nous le souci de ramener nos frères aux sources de leur baptême ou de les y conduire s’ils sont dans l’ignorance du Christ ? Tous, dès à présent, … en avant pour l’Avent.

 

Père Gilles Morin, curé