La charité de la vérité

« Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour ». Voilà ce qu’affirme nettement l’Apôtre Paul dans la seconde lecture de ce dimanche. Il faut donc aimer, c’est un impératif.

Nous nous souvenons de cette belle encyclique du pape Benoît XVI « Caritas in veritate«  (la charité dans la vérité) dans laquelle il rappelait que « Aimer quelqu’un, c’est vouloir son bien et mettre tout en œuvre pour cela ». La charité nous pousse donc et nous presse à proclamer la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ puisqu’elle est Parole de Vie et ne peut faire que du bien.

Soyons lucides ; soyons des guetteurs. « À notre époque, – disait, il y a quelques années, le pape Benoît XVI,- où dans de vastes régions de la terre, la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu ». Et Benoît XVI de poursuivre : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que, tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein ».

Dieu disparaît effectivement de l’horizon des hommes, et particulièrement des enfants. Vous le savez, nos patronages ont repris leurs activités. Il y a des petits nouveaux. Leurs réactions et leurs questions révèlent leur ignorance.

Ainsi, mardi dernier, au retour de l’école, les enfants sont entrés dans l’église pour « saluer Jésus et Marie » avant d’aller jouer sur la cour. L’un d’eux, se retrouvant à côté du Frère Damien lui a demandé avec simplicité :

C’est quoi ici ? C’est une salle de spectacle ? Mais il est où l’empereur ? (Pourquoi l’empereur ???)

Le lendemain, ce même petit m’interrogeait :

C’est toi le chef de l’église ?

Oui, lui répondis-je. Je ne me voyais pas lui faire à l’improviste un cours sur la structure hiérarchique de l’Eglise, avec le pape, les évêques, les prêtres, les diacres etc…

De son côté, le Père Gallet, voyant les fillettes arriver au patro après l’école, leur a proposé de faire une petite visite au Bon Dieu.

C’est quoi le Bon Dieu ?, lui a répliqué l’une d’entre elles.

Comme vous pouvez le constater, Dieu disparaît vraiment de l’horizon de nombreux enfants. Cette semaine, nous reprendrons les catéchismes. Je le redis, soyons des guetteurs. Annonçons, avertissons, proclamons.  La charité nous presse … La charité de la Vérité.

Père Gilles Morin, curé

Transfert à Jésus

« Neymar » : Si vous êtes amateurs de football, vous connaissez évidemment le nom de ce joueur brésilien acquis à prix d’or par le club du Paris Saint Germain au cours de l’été. Si vous ne vous intéressez aucunement à ce sport mais que vous avez gardé contact avec l’actualité du mois d’août, vous avez au moins entendu ressasser le nom de ce joueur qui séduit tant de supporters.

Par-delà la démesure scandaleuse des enjeux financiers qui marquent le football, il y a vraiment matière à réflexion. Qu’on le veuille ou non, cet artiste du ballon rond séduit ; des foules se laissent séduire. Parlant de ce joueur prodige, les journaux n’ont pas hésité à titrer : «Un roi à Paris », «À lui Paris»,  et même encore, -en parlant de son transfert à prix exorbitant- : «le monde vient de changer».

Voilà qu’en cette rentrée, après la dispersion et peut-être trop de légèreté et de superficialité de notre part durant cette période estivale,  la liturgie nous recentre d’emblée sur l’essentiel.

Laissons-nous séduire comme le fit le prophète Jérémie : « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi » (Jr 20,7).

Avec le psalmiste, chantons de tout cœur notre soif de bonheur : « Dieu tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau … Toute ma vie je vais te bénir … »

Laissons résonner en nous l’appel de l’apôtre Paul qui ne peut prendre consistance que si nous avons été fascinés par le Christ Sauveur : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps—votre personne tout entière—, en sacrifice vivant, capable de plaire à Dieu » (Rm 12, 1). Et l’apôtre d’ajouter :

« Ne vous modelez pas sur le monde présent ». Nous sommes pourtant si immergés dans l’esprit du monde, prêts à bien des folies pour les nouvelles idoles humaines et si attiédis dès qu’il s’agit de tout miser sur le Christ.

Laissons alors Jésus nous attirer pour effectuer un transfert, non point en nous faisant miroiter des ponts d’or, mais en nous invitant à renoncer à nous-mêmes, à prendre notre croix et à perdre notre vie pour finalement la gagner. Saisissons cette offre de transfert ; il y va de notre joie, il y va de notre vie.

Revenons à Neymar. Il y a environ 4 ans, il n’hésitait pas à affirmer devant les media : «Dieu m’a toujours aidé, tout ce que j’ai, c’est lui qui me l’a donné. Je le remercie tous les jours ». En diverses circonstances, sur un terrain de football et sous le feu des caméras, faisant fi des polémiques que cela pouvait susciter, il n’hésitait pas non plus à arborer un bandeau frontal sur lequel tous pouvaient lire « 100% Jésus ».

Entrons résolument dans cette nouvelle année pastorale en nous laissant à nouveau séduire par le Christ. Laissons le Seigneur vaincre nos résistances par la puissance de son amour et de sa Croix. Faisons le choix, non point de l’esprit du monde, mais du 100% Jésus. Opérons ce transfert. Nous progresserons alors dans la sainteté pour notre plus grand bonheur.

Père Gilles Morin, curé