Miséricordine

 

Le mot « curé »− vous le savez sans doute − vient du verbe latin « curare«  qui signifie « Soigner, guérir, traiter« . Un curé a donc pour mission de prendre soin des âmes qui lui sont confiées. À ce titre, je me permets de vous prescrire une bonne dose de « Miséricordine » pour le plus grand bien de vos âmes. Il y a quelques semaines, un prêtre polonais m’en a remis une boite. Je le connaissais déjà, sous un autre nom, et je m’en nourris au quotidien. Il me fait un immense bien.

 

Je prends donc la boite que me remet ce prêtre polonais. Dessus est dessiné un cœur humain, avec cette mention : « 59 grains intracardiaques ». Je m’empare de la notice pour la lire attentivement :

 

1 – Qu’est-ce que « Miséricordine » et dans quels cas est-il utilisé ?

Miséricordine est un médicament spirituel, lequel fait descendre la Miséricorde dans l’âme. Il se manifeste par la paix du cœur, la joie intérieure et le désir de faire le bien. Son efficacité est garantie par les paroles de Jésus.

Le médicament doit être utilisé lorsque :

Nous voulons faire l’expérience de la Miséricorde de Dieu,

Nous voulons la conversion des pécheurs,

Nous avons besoin d’aide devant une décision difficile,

Nous n’avons pas la force de nous battre contre la tentation,

Nous ne pouvons pas pardonner à quelqu’un,

Nous nous soucions de quelqu’un, et nous ne pouvons pas l’aider,

Nous voulons la Miséricorde pour un mourant,

Nous tenons à remercier Dieu et Le louer pour toutes les grâces qu’il accorde

 

2 – Comment prendre « Miséricordine » ?

La posologie conseillée est : une fois par jour. Mais il est possible de prendre le médicament autant de fois qu’on le souhaite dès lors qu’on en ressent le besoin. La posologie est la même pour les adultes et les enfants.

 

3 – Quels sont les effets indésirables éventuels ou contre-indications ?

Il n’existe aucun effet indésirable ni de contre-indication.

Il est possible de prendre ce médicament avec toute autre prière.

Le recours aux sacrements favorise l’effet de ce médicament.

 

Après la lecture de cette notice, je plonge ma main dans la boîte et j’en sors … un magnifique chapelet. Je vous l’avais dit : c’est un médicament que je prends depuis très longtemps au quotidien et qui me fait un immense bien. Vous n’avez peut-être pas la boite ; peu importe.  Je viens de vous livrer le contenu de la notice … et vous avez certainement, vous aussi, un magnifique chapelet. Alors, avec une ferveur particulière en ce mois de mai qui est le mois de Marie, utilisez-le sans retenue. Je ne saurais trop vous le recommander. Vous verrez : il vous fera le plus grand bien. Votre cœur restera tout brûlant tandis qu’en le méditant, le Seigneur vous parlera sur la route et vous fera comprendre les Ecritures.

 

Père Gilles Morin,

Curé

Gros imprévu : Don de la Miséricorde Divine

 

Je ne m’y attendais aucunement ; voilà donc un événement qui chamboule mon programme : Je dois me rendre à Rome pour participer au Chapitre Général de notre Congrégation des Religieux de Saint Vincent-de-Paul qui a lieu du 25 avril au 11 mai. Par-delà les désagréments du bouleversement de mon agenda, une belle délicatesse du Seigneur m’est accordée : En ce dimanche de la Divine Miséricorde, je serai donc à Rome et vibrerai intensément à ce grand événement  tant annoncé : la Canonisation de deux papes en présence de deux papes…. 4 Papes d’un coup, voilà qui fait beaucoup… Moment unique dans l’histoire de l’Eglise !

Oui, ils seront quatre ;

deux bien vivants :  Benoît XVI et notre Pape François ;

deux défunts, Jean XXIII et Jean-Paul II, mais plus vivants encore, puisque l’Eglise reconnaît solennellement en ce jour leur sainteté. Ils débordent dans le Ciel, en plénitude et pour l’éternité, de la Vie de Dieu.

 

Angelo Roncalli, Karol Wojtyla, Joseph Ratzinger et Jorge Mario Bergoglio : Ces quatre hommes d’Eglise à la personnalité si différente, tous dignes successeurs de Pierre, sont des chantres de la Miséricorde de Dieu. Sur tous les modes et tous les dons, ils ont proclamé combien le Christ est l’Amour incarné, le Seigneur plein de bonté, le Serviteur au cœur transpercé, le Sauveur de l’humanité. Avec des styles parfois hiératiques ou de grande bonhommie, dans des documents magistériels ou de simples allocutions, ils ont proclamé que le Christ est le Vivant à jamais, et qu’il est tout amour.

 

Nous le savons : Le Pape Jean-Paul II le grand, est celui qui a institué en ce deuxième dimanche de Pâques, le dimanche de la Divine Miséricorde. C’est d’ailleurs en cette fête qu’en 2005, le Seigneur a rappelé à Lui son Serviteur pour le faire entrer dans la joie de son Maître. J’aime à dire qu’il est « mon Pape », tant il a marqué ma vie religieuse et sacerdotale. Il y a déjà longtemps que je le prie. Il paraît pourtant qu’à Rome, il n’y en a que pour lui. N’oublions pas toutefois le « bon Pape Jean XXIII » qui a convoqué et ouvert le Concile Vatican II. Dans le temps, il est plus loin de nous ; par ses enseignements et son cœur, il en reste tout proche.

 

« Je ne dois pas me cacher à moi-même la vérité , écrivait-il dans son   » Journal de l’âme « : je suis décidément sur le chemin de la vieillesse … Je confie à la miséricorde du Seigneur ce que j’ai fait de mal ou de moins bon, et je regarde l’avenir, qu’il soit bref ou long ici-bas, car je le veux sanctifié et sanctificateur ».

Et ce bon Pape d’écrire encore : « La bonté dont ma pauvre personne a été l’objet de la part de tous ceux que j’ai rencontrés sur mon chemin a rendu ma vie sereine. Je me les remémore bien, en face de la mort, tous et chacun, ceux qui m’ont précédé dans le dernier passage, ceux qui me survivront et me suivront. Qu’ils prient pour moi. Je leur rendrai la pareille au purgatoire ou au paradis où j’espère être accueilli, non à cause de mes mérites, mais à cause de la miséricorde de mon Seigneur ».  Et il a été accueilli … et nous demandons de prier pour nous.

Avec le Christ, voici donc quatre papes qui s’unissent pour nous chanter la Miséricorde Divine. Surtout, laissons-la bien résonner en notre cœur. Elle est si belle et si salvatrice.

 

Père Gilles Morin,

Curé